Publié le samedi 08 août 2026 dans la rubrique Nantes
Gilets jaunes : l'Etat condamné à indemniser Adrien, blessé par un tir de LBD à Nantes
À Nantes, en Loire-Atlantique, le tribunal administratif a tranché, ce mercredi 29 juillet, le dossier d'Adrien, ce jeune homme grièvement blessé par un tir de LBD lors d'une manifestation des gilets jaunes. L'État est condamné à lui verser 11 500 euros.
Un après-midi qui a basculé
Le 29 décembre 2018, Adrien, un habitant de Saint-Nazaire âgé de 22 ans à l'époque, rejoint le cortège des gilets jaunes à Nantes vers midi. Il se dirige ensuite cours des 50 Otages. Le jeune homme tourne le dos aux forces de l'ordre. Il perd connaissance et se réveille dans un véhicule de secours. Le diagnostic est lourd : crâne fracturé, mâchoire brisée, hémorragie cérébrale. Les policiers de la brigade anticriminalité (BAC) ont fait usage d'un lanceur de balles de défense (LBD).
Rencontré en septembre 2019 par une équipe de rédaction, Adrien racontait son quotidien : crises d'épilepsie à répétition, perte d'appétit, cauchemars. « Je fais des crises, souvent, je ne mange pas, je maigris », confiait-il. Des séquelles qui ne l'ont pas quitté depuis.
Une responsabilité partagée
Dans son jugement, le tribunal administratif reconnaît la « responsabilité sans faute » de l'État, mais il pointe aussi le comportement d'Adrien. Le jour des faits, la manifestation n'avait pas été déclarée. Des tensions éclataient dès 11 heures, avec des jets de projectiles contre les forces de l'ordre. Adrien, vêtu de noir, portait un masque chirurgical, une capuche et une écharpe. Il est resté sur place environ quatre heures, sans chercher à quitter les lieux.
Le tribunal en conclut à une « imprudence fautive », même si aucun élément ne prouve qu'il a participé aux jets de projectiles. Les préjudices sont estimés à 23 000 euros. La responsabilité étant partagée à parts égales, l'État ne doit finalement verser que 11 500 euros.
L'ASF déboutée pour les péages gratuits
Même jour, mêmes juges, autre dossier. La société des Autoroutes du Sud de la France (ASF) réclamait réparation pour les opérations « péage gratuit » menées pendant le mouvement des gilets jaunes, en 2018 et 2019. Elle chiffrait ses pertes dans quatre départements des Pays de la Loire : 320 876 euros pour la Loire-Atlantique, 303 165 euros pour le Maine-et-Loire, 296 328 euros pour la Vendée et 87 910 euros pour la Sarthe.
Les photographies fournies montrent des manifestants en gilets jaunes aux abords des gares de péage, mais rien ne prouve des blocages ou des filtrages ayant entravé la circulation. Les dégradations matérielles ne sont pas non plus reliées à une action organisée du mouvement. Les forces de l'ordre ne sont même pas intervenues. Résultat : les requêtes sont rejetées. L'ASF obtient tout de même 543 euros pour les constats d'huissier.
Dans les deux affaires, les parties disposent de deux mois pour faire appel.


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