Nantes : logo actu locale.fr
Actualités en FRANCE > NANTES

Publié le mardi 28 juillet 2026 dans la rubrique Nantes

Inquiétudes croissantes autour du futur CRA à La Beaujoire

Des barrières autour du futur CRA à Nantes soulèvent des inquiétudes parmi les riverains et les associations sur l'impact environnemental et le début imminent des travaux.

À Nantes, en Loire-Atlantique, l’installation de barrières autour du futur centre de rétention administrative (CRA) prévu dans le quartier de La Beaujoire suscite l’inquiétude. Riverains et associations y voient le signe d’un début de chantier imminent, alors même que la consultation publique sur l’autorisation environnementale n’est pas achevée.

Des barrières qui apparaissent, disparaissent et réapparaissent

Depuis le vendredi 17 juillet, des barrières ont poussé le long du site situé rue de la Mainguais. L’association Riverains et Amis de La Beaujoire a posté une photo sur Facebook, traduisant son désarroi. Ces installations ont ensuite disparu – « sûrement enlevées par des habitants », avance Guillaume Maunier, membre de l’association – avant d’être réinstallées ce mardi 28 juillet.

« C’est assez étonnant alors qu’on est toujours en pleine consultation », déplore Guillaume Maunier. « On a fait un signalement au SDIS, à la préfecture, à la mairie », précise-t-il. Pour lui, la situation est claire : « Ils n’écoutent pas la population, pas les avis des experts, on en a marre qu’ils détruisent notre quartier. »

Un écosystème menacé au cœur de la « dernière forêt nantaise »

La parcelle choisie pour le futur CRA, à quelques pas de la maison d’arrêt Nantes-Carquefou, se trouve sur une zone boisée et humide. Les associations la qualifient de « dernière forêt nantaise ». Chevreuils, renards, hérissons, oiseaux y résident. « On retrouve forêt, prairie, zones humides avec une quantité incroyable de salamandres et de tritons », décrit Erell Olivio, membre de Riverains et Amis de La Beaujoire.

Cet espace sert de transition entre la Loire et l’Erdre. Il constitue aussi un îlot de fraîcheur face aux épisodes de chaleur qui frappent régulièrement le territoire. « Ça nous inquiète pour deux raisons, explique Erell Olivio. Si un départ de feu se produit, comment les secours vont-ils intervenir efficacement ? Et surtout, la faune est encerclée, ça empêche les animaux de vivre chez eux. »

Avis défavorables d’experts ignorés

Depuis l’annonce du projet, les critiques affluent. La Commission locale de l’eau, le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel et d’autres organismes ont rendu des avis défavorables. Malgré tout, le choix du site est fixé. « Ce qu’on aimerait, c’est que le service biodiversité de la métropole soit contacté avant d’entamer tout projet, avant de détruire des écosystèmes fonctionnels », souffle Erell Olivio.

Les associations rassemblées dans le collectif COLERE Nantes – CRA ni ici ni ailleurs dénoncent une catastrophe écologique. « Un écosystème robuste, mâture et sain doit être conservé pour pouvoir affronter les aléas climatiques », insiste un de ses membres.

La préfecture se veut rassurante, les opposants restent sceptiques

Contactée, la préfecture de Loire-Atlantique affirme que ces barrières visent simplement à « sécuriser le lieu » et qu’« aucune date n’est à ce jour fixée » pour le début du chantier. Benjamin, membre du collectif COLERE, ne mâche pas ses mots : « Nous n’avons pas confiance dans la préfecture, ni dans ses actes, ni dans ses dires. Nous avons tout à penser que la préfecture souhaite aller le plus vite possible étant donné que les voix sont de plus en plus nombreuses à qualifier ce projet d’aberrant. »

Un projet inscrit dans un plan national ambitieux

La France compte aujourd’hui 25 centres de rétention administrative, dont quatre en Outre-mer. Le CRA de Nantes s’inscrit dans le « plan CRA » lancé par Gérard Collomb en 2017 et dont les contours ont été redessinés par Gérald Darmanin en 2022. L’objectif : construire de nouveaux centres pour atteindre 3 000 places d’ici 2027. Pour cela, 240 millions d’euros doivent être investis sur quatre ans. Sept nouveaux CRA sont programmés, chacun doté d’une capacité de 140 places.

En attendant, les riverains de La Beaujoire restent mobilisés. Les barrières, elles, continuent de se balader. Et avec elles, la colère ne faiblit pas.


Notez la rédaction de cet article !

Pertinence, clarté, qualité rédactionnelle

Ajouter un commentaire
Partenaires
Boostez votre visibilité !
Placez votre publicité ici et atteignez des habitants locaux.
Contactez-nous dès maintenant pour discuter des options de partenariat adaptées à votre marché !

Newsletter actualité Nantes

Gratuit, inscrivez-vous pour recevoir les actualités de Nantes directement dans votre boîte mail.

Désinscription possible à tout moment.

Nantes : Plus d'articles