Publié le mardi 22 septembre 2026 dans la rubrique Nantes
Repas étudiant à 1 euro : déjà à bout, le personnel des Crous en grève pour réclamer plus de moyens
Depuis l'instauration du repas à 1 euro pour tous les étudiants, les agents des Crous des Pays de la Loire se retrouvent dans une situation de surcharge de travail dans les restaurants universitaires. Le personnel a exprimé son mécontentement en se mettant en grève le 22 septembre dernier, à l'appel de l'intersyndicale CFDT-FO-UNSA, entraînant la fermeture de cinq établissements dans la région.
Une charge de travail insupportable
Le système du repas à 1 euro, bien qu'apprécié par les étudiants, a lourdement pesé sur le personnel des Crous. La généralisation de cette mesure, pourtant favorable sur le papier, a rapidement révélé des défauts majeurs dans son application. Gwenaël Le Guevel, secrétaire de la CFDT Éducation des Pays de la Loire, a souligné que l'initiative, bien qu'intéressante, n'a pas été accompagnée des moyens nécessaires pour son bon fonctionnement. La mesure a été intégrée dans le budget 2026, mais sans provision suffisante pour faire face à l'afflux d'étudiants.
Une affluence record dans les restaurants universitaires
La fréquentation des restaurants universitaires a explosé, dépassant les prévisions initiales de 12 % pour atteindre près de 40 % dans certaines régions. À Nantes, par exemple, les files d'attente peuvent s'étendre jusqu'à une heure et demie, mettant le personnel sous une pression intense. Philippe Glevarec, chef cuisinier aux Restos U Chantrerie, témoigne que son équipe, composée de cinq personnes pour servir près de 1 000 étudiants en deux heures et demie, peine à gérer cette demande croissante.
Des étudiants en quête de solutions
Les étudiants, bien que reconnaissant les avantages du repas à 1 euro, font face à des réalités pratiques. Titouan, un étudiant de 19 ans, exprime que pour ceux qui n'ont qu'une heure de pause, atteindre le restaurant universitaire à temps devient un défi. De plus, certaines étudiantes, comme Lola et Laura, prévoient de venir avant le coup de midi, mais cela n'est pas toujours possible en raison de leurs emplois du temps. Quand le temps leur manque, elles se tournent vers les cafétérias, où les options sont limitées à des sandwiches ou des plats moins satisfaisants.
Un personnel épuisé et des moyens financiers insuffisants
Les conditions de travail des agents des Crous sont devenues intenables. Les journées commencent dès 6 h 30 et se terminent souvent après 15 heures, avec des semaines qui peuvent atteindre 43 heures. Les syndicats alertent sur le risque de voir certains restaurants universitaires fermer leurs portes si la situation ne s'améliore pas. Actuellement, sur les 90 millions d'euros nécessaires pour soutenir le système, seuls 50 millions ont été alloués. Un rapport parlementaire a même souligné que ce modèle économique est menacé.
Des promesses gouvernementales sans garantie
Face à la situation, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, a annoncé une promesse de 143 millions d’euros pour financer cette mesure dans le prochain budget. Cependant, ce soutien reste incertain et ne rassure pas le personnel déjà à bout. La grève pourrait se poursuivre, notamment lors de la mobilisation nationale du service public prévue le 29 septembre, car le personnel exprime des craintes quant à sa capacité à continuer dans de telles conditions.


Laisser un commentaire
Votre commentaire sera vérifié avant sa publication.