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Publié le lundi 12 octobre 2026 dans la rubrique Nantes

"La vie d'un Rom, ce n'est pas de changer d'un endroit à l'autre" : pourquoi 3 500 travailleurs précaires et leurs familles sont piégés dans la spirale des bidonvilles

La métropole nantaise, située en Loire-Atlantique, fait face à une situation préoccupante concernant les familles Roms. Environ 3 500 Roms vivent dans près

La métropole nantaise, située en Loire-Atlantique, fait face à une situation préoccupante concernant les familles Roms. Environ 3 500 Roms vivent dans près de 64 bidonvilles, un phénomène qui suscite des débats et des tensions au sein de la communauté locale.

Les expulsions et leurs conséquences

Au cours de l'été, plusieurs expulsions ont eu lieu, exacerbant la précarité des familles. Par exemple, en mi-août, des familles ont été chassées d'un terrain qu'elles occupaient illégalement, sans solution de relogement. Ces expulsions, souvent vécues comme des punitions collectives, laissent les familles sans abri, sur les routes, dans des conditions de vie déplorables.

Un mode de vie précaire

Les Roms, principalement engagés dans le secteur du maraîchage, vivent souvent dans des caravanes ou des hangars. Bogdan Vasile, un travailleur saisonnier, témoigne des difficultés rencontrées : "Sur les routes, on n'a pas d'eau, pas d'électricité." Ces conditions rendent difficile leur intégration et leur stabilité, pourtant souhaitée par de nombreuses familles.

La recherche de solutions durables

Les élus locaux, comme Christophe Jouin, vice-président de Nantes Métropole, soulignent la nécessité de trouver des solutions pérennes. Les discussions portent sur la nécessité d'engager les 24 communes de la métropole à identifier des terrains disponibles pour stabiliser les familles. Cependant, les solutions demeurent insuffisantes face à l'ampleur du problème.

Les aspirations des familles Roms

Les familles Roms aspirent à une vie stable, loin des déménagements incessants. Elena Vasile, arrivée à Nantes en 2013, évoque les difficultés de vivre dans l'incertitude : "Cette année, j'ai déménagé trois fois." Contrairement à la perception commune, beaucoup de Roms ne se considèrent pas comme des gens du voyage, mais souhaitent s’établir dans des logements sociaux ou des terrains où ils pourraient vivre en sécurité.

Un consensus difficile

Le dossier des bidonvilles à Nantes fait consensus entre les différents bords politiques, qui reconnaissent la nécessité d'agir. Sarah El Haïry, élue d'opposition, appelle à une conférence métropolitaine impliquant toutes les parties prenantes, y compris les employeurs et les associations. L'objectif est d'améliorer la situation des familles et de faciliter leur intégration.

Les défis d'intégration

Les familles Roms se heurtent à des préjugés, notamment en matière de délinquance, qui compliquent leur situation. Malgré leur volonté de s'intégrer, les expulsions et le manque de propositions de relogement les marginalisent. Le collectif Romeurope observe un enlisement des situations individuelles, où la peur d'une nouvelle expulsion pèse sur le moral des familles.

Vers une sédentarité souhaitée

Des voix, comme celle d'Eugen Margean, traducteur et guide, plaident pour permettre aux Roms d'acheter des terrains afin de s'établir durablement. Cela favoriserait la scolarisation des enfants et une meilleure intégration. La volonté de sédentarité est forte au sein de la communauté, et des solutions adaptées pourraient changer la donne.


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