Publié le mardi 12 mai 2026 dans la rubrique Nantes
L'augmentation des frais d'inscription pour les étudiants étrangers suscite une forte opposition à Nantes
Les universités de Nantes, en Loire-Atlantique, sont en émoi ce mardi 12 mai alors qu'une initiative gouvernementale d'augmentation des frais d'inscription pour les étudiants non-européens suscite une large mobilisation. Plusieurs syndicats, représentant étudiants et enseignants, organisent une manifestation devant le rectorat pour exprimer leur désaccord avec ce projet de décret.
Des frais d'inscription en forte hausse
Les nouvelles propositions ministérielles envisagent de porter les frais d'inscription pour une licence à 2 895 euros par an, là où le coût actuel est de 178 euros. Pour un master, les frais grimperaient à 3 941 euros au lieu de 254 euros. Ce changement radical pourrait affecter de façon significative les étudiants étrangers désireux d'étudier en France.
Une réforme jugée discriminatoire
Les syndicats s'opposent fermement à cette augmentation, la qualifiant de « mesure discriminatoire » et pointent du doigt ses implications sociales. Sud Education 44 a déclaré que ce projet poursuit une politique « raciste et xénophobe », tout en dénonçant le fait que ces frais supplémentaires ciblent des étudiants parfois déjà en situation de précarité. Bien que des droits d'inscription différenciés aient été introduits en 2019, leur application était restée relativement marginale, la plupart des universités n'ayant pas encore mis en œuvre cette politique.
Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a affirmé que les universités ne pourraient plus accorder des exonérations financières de façon indiscriminée, celles-ci devant désormais être limitées à des cas spécifiques. Ainsi, seules 10% des nouvelles inscriptions d'étudiants non-européens pourraient bénéficier d'une exonération de frais, ce qui inquiète les syndicats sur l'avenir de l'autonomie budgétaire des établissements.
Les conséquences sur l'attractivité des universités françaises
Le ministère de l'Enseignement supérieur avance que ces augmentations ne couvriraient qu’environ 30% du coût réel des formations, cette mesure étant justifiée par une prétendue nécessité économique. Cependant, plusieurs acteurs de l'éducation s'inquiètent de la répercussion de ces frais sur l'attractivité de la France dans le domaine de l'enseignement supérieur, avertissant que cela pourrait entraîner un désavantage compétitif par rapport à d'autres pays ayant des politiques d'accueil plus accessibles.
Le Mans Université, par exemple, souligne l'importance des étudiants internationaux dans la richesse culturelle et économique des territoires. Elle met en garde contre la dégradation de la position de la France dans la compétition pour les talents académiques, arguant que l'adoption d'un tel décret ne ferait qu'accentuer le déclin de l'attractivité française face à d'autres systèmes universitaires.

