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drug violence Policing exhibit at the Museum of Weed
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Publié le vendredi 29 mai 2026 dans la rubrique Nantes

Le gouvernement renforce sa lutte contre les violences liées au narcotrafic en réponse à une escalade inquiétante

Le gouvernement intensifie sa lutte contre les violences liées au narcotrafic, face à une escalade inquiétante des règlements de comptes. Découvrez les mesures annoncées.

Nantes, Loire-Atlantique. Face à une flambée des règlements de comptes liés au narcotrafic, le gouvernement a réuni vendredi un premier comité interministériel de lutte contre la criminalité organisée. Présidé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, ce rendez-vous visait à coordonner une réponse globale, alors que les meurtres se multiplient et que des adolescents sont désormais embarqués, comme victimes ou comme auteurs.

Un « changement de braquet » exigé par Matignon

Le ton est donné depuis le sommet de l’État. « Les propositions formulées sont techniques et insuffisantes. Il faut un changement de braquet », a lâché Sébastien Lecornu, selon son entourage. Douze ministres étaient réunis ce vendredi matin, dont Laurent Nuñez (Intérieur), Gérald Darmanin (Justice), Jean-Pierre Farandou (Travail) ou encore Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement.

Le chef du gouvernement insiste : Matignon va désormais s’investir directement dans le dossier. « Cela ne saurait être seulement le sujet du ministre de l’Intérieur et du garde des Sceaux », a-t-il ajouté. L’entourage du Premier ministre précise qu’il ne s’agit « en aucun cas » d’un recadrage des deux ministres, mais ces derniers ne peuvent pas porter ce dossier « tous seuls ». Un nouveau comité interministériel est annoncé « prochainement », avec « une méthode différente ».

Le drame d’Elidjah, déclencheur d’une prise de conscience

Le 15 mai, un adolescent de 15 ans, Elidjah, perdait la vie lors d’une fusillade dans le quartier Port Boyer, à Nantes. Le ministre de l’Intérieur, présent sur place le lendemain, avait alors promis de « poursuivre cette guerre intraitable » contre les narcotrafiquants. « Nous le devons aux victimes, nous le devons aux habitants des quartiers qui n’en peuvent plus », avait-il déclaré.

Depuis le début de l’année, une succession de meurtres secoue le pays. Nantes, Grenoble, Nice, Rennes, Lyon : la liste des villes frappées s’allonge. Marseille n’a plus l’apanage des règlements de comptes. En Loire-Atlantique, neuf réseaux de trafic ont été démantelés en 2025, principalement sur Nantes et Saint-Nazaire. Un millier de personnes ont été mises en cause sur le seul département.

Grenoble : un « palier a été franchi » selon le procureur

À Grenoble, en six mois, dix hommes ont été tués par balle dans une guerre de territoire féroce. Le procureur de la ville, Etienne Manteaux, décrit une escalade sans précédent. « Les individus ne tirent plus aujourd’hui pour impressionner mais tirent pour tuer », analyse-t-il.

Le constat est amer. L’argent de la drogue est colossal : son chiffre d’affaires est estimé à environ 7 milliards d’euros en 2023 en France. Les réseaux recrutent des « petites mains » parmi les mineurs ou jeunes majeurs. Un guetteur est payé entre 50 et 100 euros par jour, un vendeur entre 50 et 250 euros. Les tueurs à gages, eux, sont recrutés via les réseaux sociaux.

Un exemple glaçant : en février, un adolescent de 14 ans au moment des faits a été condamné à 17 ans de réclusion criminelle. Il avait abattu en octobre 2024 à Marseille un chauffeur VTC, totalement étranger à la criminalité organisée. Un homme de 24 ans, déjà en détention, l’avait recruté de cette manière. Le montant du contrat ? Entre 20 000 et 30 000 euros.

Des chiffres qui donnent le vertige

En 2024, l’Office central de lutte contre la criminalité organisée a recensé 367 assassinats et tentatives entre délinquants, presque toujours liés au narcotrafic. Le bilan humain est lourd : 110 morts et 341 blessés, soit une hausse de 33 % depuis 2021.

À Nantes, la violence a encore monté d’un cran. Trois morts par balle en trois mois dans les quartiers Bottière, Port-Boyer et Halvêque. Les habitants sont excédés. Mercredi 27 mai, la préfecture a présenté sa stratégie de mobilisation contre le trafic. Une réponse locale, mais qui attend désormais un souffle nouveau venu de Paris.


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