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Publication le 15 mai 2026 · Mis à jour le samedi 30 mai 2026 dans la rubrique Nantes

Nantes : Trois fusillades mortelles en un mois liées au narcotrafic

Nantes est secouée par une vague de violence liée au narcotrafic, avec trois fusillades mortelles en un mois. Les habitants vivent dans la peur et l'inquiétude.

Nantes : troisième fusillade mortelle en un mois, le narcotrafic fait craquer les quartiers

La violence liée au trafic de drogue est montée d'un cran à Nantes. En moins de trente jours, trois jeunes gens ont été tués par balles dans les quartiers de Port-Boyer, Bottière et La Halvêque. Le dernier drame, survenu mardi 26 mai au soir, a emporté un jeune homme de 20 ans, froidement exécuté par deux individus à moto. Ces événements plongent les habitants dans un sentiment d'abandon et de peur grandissants.

Les faits se succèdent et se ressemblent. Le 14 mai, une fusillade éclate en pleine soirée, vers 19h30, à proximité d'un immeuble réputé comme un point de deal du quartier Port-Boyer. Deux hommes à scooter ouvrent le feu. Bilan : un adolescent de 15 ans perd la vie, un enfant de 13 ans est gravement blessé et un autre de 14 ans souffre de blessures plus légères. Douze jours plus tard, le 26 mai, vers 22h, un nouveau commando motorisé prend en chasse un jeune homme né en 2005, originaire de Guyane, rue Gustave-Eiffel dans le quartier de La Halvêque. La victime, âgée d'une vingtaine d'années, s'effondre après avoir été atteinte. Elle décède sur le coup. Selon plusieurs témoignages, un habitant a tenté de la réanimer en vain. Une source syndicale policière évoque une balle en pleine tête.

Un sentiment d'abandon et de peur chez les riverains

Dans les logements qui surplombent les lieux des drames, l'ambiance est lourde. Une résidente de Port-Boyer, interrogée par des médias locaux, décrit un quotidien devenu invivable avec la montée du narcotrafic. « On essaie de faire abstraction, mais c'est compliqué », confie-t-elle. Elle raconte avoir entendu une mère hurler après la mort de son enfant : « J'entends cette maman dehors qui hurle qu'on lui a tué son bébé, c'est déchirant ». Ce sentiment de désespoir est partagé par de nombreux voisins, dont certains envisagent de quitter leur logement, sans toujours en avoir les moyens financiers. Dans le quartier de La Halvêque, un habitant témoigne au lendemain du drame : « Il a couru un peu et il s'est effondré. C'est de pire en pire ».

Ces trois morts, loin d'être des faits divers isolés, témoignent d'une escalade dans la violence. Les enquêteurs n'ont aucun doute sur le mobile : l'ensemble de ces fusillades s'inscrit dans des règlements de comptes liés au narcotrafic et aux guerres de territoires et de revenus qu'il génère. Une source policière syndicale souligne que les trafiquants ne se contentent plus d'intimider par des tirs : « Désormais ils exécutent, quitte à tuer des innocents et faire des victimes collatérales ». Le parquet de Nantes a saisi la sous-direction de la lutte contre la criminalité organisée et la délinquance spécialisée (DCOS) pour des faits de meurtre en bande organisée.

La réponse politique et policière : promesses de renforts et vidéoprotection

Face à cette situation explosive, la maire de Nantes, Johanna Rolland, a réagi vigoureusement. « Je veux que ça s'arrête ! », a-t-elle déclaré après un entretien téléphonique avec le ministre de l'Intérieur. « Je sais quelle est leur colère, leur désarroi, leur inquiétude, leur peur parfois », a-t-elle ajouté à propos des habitants. Elle a immédiatement réuni le préfet de Loire-AtlantiqueFabrice Rigoulet-Roze et le procureur Antoine Leroy pour faire front commun.

Le préfet a annoncé une « mobilisation maximale de tous les services ». Le dispositif prévoit un renforcement massif et pérenne de la présence policière dans les quartiers sensibles de l'Est et du Nord, dont Port-Boyer, Bottière, La Halvêque et Nantes Nord. Ce déploiement inclut l'envoi de CRS. Par ailleurs, plus de 860 opérations de sécurisation auraient déjà été menées dans les quartiers depuis le début de l'année en Loire-Atlantique, selon les chiffres communiqués par la préfecture.

Lors d'une réunion publique organisée pour les riverains de Port-Boyer, l'adjoint à la sécurité de la mairie de Nantes, Denis Tallédec, a promis l'installation rapide de 12 caméras de vidéoprotection. Elles seront positionnées de manière à avoir les halls d'immeubles dans leur champ de vision, un outil jugé « majeur » par le préfet pour dissuader les trafics et appuyer les enquêtes judiciaires.


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