Publié le mercredi 30 septembre 2026 dans la rubrique Nantes
Un électeur conteste la réélection de Johanna Rolland comme maire de Nantes, une "protestation électorale" en passe d'être rejetée
Un citoyen du centre-ville de Nantes a saisi le tribunal administratif pour contester la réélection de Johanna Rolland, maire socialiste de la ville. Cette demande, déposée le 30 septembre, vise à annuler les résultats des élections municipales qui ont eu lieu le 22 mars 2026. Johanna Rolland a été réélue avec 52,18 % des voix, tandis que son concurrent, Foulques Chombart de Lauwe, a obtenu 47,82 %. Ce dernier, qui dirigeait la liste "Un Nouveau Souffle pour Nantes", est désormais conseiller municipal d'opposition.
Un recours personnel
Wistan Plateaux, avocat au barreau de Nantes et simple électeur, a déposé un recours personnel pour demander l'inéligibilité de Johanna Rolland et de William Aucant, également impliqué dans les élections. Aucant, qui représentait la France Insoumise, avait fusionné sa liste avec celle de Rolland après avoir obtenu plus de 10 % des voix au premier tour. Plateaux conteste également les comptes de campagne de plusieurs candidats, dont Margot Medkour et l’ancien député Mounir Belhamiti.
Les arguments de la défense
En réponse, l’avocat de Johanna Rolland, Me Emmanuel Cheneval, a demandé 15 000 euros de frais de justice, considérant que cette somme est justifiée par le temps et les ressources investies pour répondre aux accusations formulées. Wistan Plateaux n'était pas présent à l'audience, laissant son dossier à un confrère pour plaider en son nom.
La position de la rapporteure publique
La rapporteure publique a recommandé au tribunal de rejeter cette contestation, estimant que les éléments avancés par Plateaux ne justifiaient pas une annulation des résultats. Elle a noté qu'il n'y avait rien à redire sur la présence de plusieurs "entrepreneurs municipaux" sur la liste de Johanna Rolland, précisant que les subventions qu'ils reçoivent proviennent de Nantes Métropole et non de la ville elle-même.
Les accusations de manœuvres électorales
Plateaux a également accusé Johanna Rolland d'avoir utilisé une "manœuvre" en soutenant la candidature de Margot Medkour pour empêcher l'élection de William Aucant. Toutefois, la rapporteure a rappelé que ce dernier avait été qualifié pour le second tour, ce qui affaiblit l'argument de Plateaux.
Les irrégularités alléguées
Concernant l'inscription de 1 500 personnes d'origine Rom sur les listes électorales, la rapporteure a confirmé la régularité de cette démarche. Les intéressés sont légalement domiciliés au Centre communal d'action sociale de Nantes et ont la nationalité européenne. De plus, les primes attribuées aux agents de la ville pour obtenir des procurations de personnes âgées n'ont pas été prouvées, ce qui a conduit la rapporteure à conclure à l'absence de manœuvres illégales durant la campagne.
Me Emmanuel Cheneval a réagi en qualifiant les accusations d'excessives, évoquant une liste de griefs jugée "fumeuse". Selon lui, les allégations de Plateaux ressemblent à un inventaire démesuré et incohérent.
Le tribunal administratif de Nantes a mis son jugement en délibéré et devrait rendre sa décision dans les jours à venir.


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