Publié le mardi 08 septembre 2026 dans la rubrique Nantes
Blocages d’autoroutes et péages ouverts par les Gilets jaunes : cette société d’autoroute ne sera pas indemnisée
Le tribunal administratif de Nantes a récemment décidé de ne pas accorder d’indemnisation à la société des Autoroutes du Sud de la France (ASF) pour les pertes subies durant le mouvement des Gilets Jaunes, près de huit ans après les faits. En novembre 2018, des manifestants s’étaient mobilisés contre la hausse des prix des carburants et la vie chère, entraînant des opérations de blocage de péages en Sarthe et en Vendée.
Une demande d'indemnisation rejetée
Le 2 septembre, le tribunal a débouté l’ASF de ses demandes d’indemnisation. La société avait saisi les tribunaux administratifs de chaque département, estimant avoir subi un préjudice de près de 38 millions d’euros sur l’ensemble du territoire. Pour la Sarthe, elle avait réclamé 88 000 euros, citant des barrages filtrants qui limitaient l’accès aux péages de Sablé-sur-Sarthe et du Mans.
Manque de preuves tangibles
Le tribunal a souligné que l’ASF n’avait produit qu’une seule photo montrant quelques manifestants à Sablé et à La Flèche. Les juges ont noté l'absence d'autres éléments permettant d'établir la réalité des blocages ou filtrages qui auraient entravé la circulation sur les autoroutes concernées. Cette décision, rendue publique le 29 juillet 2026, a donc été défavorable pour la société d’autoroute.
Les réclamations en Vendée
En Vendée, l’ASF avait également demandé 296 000 euros pour des pertes de recettes et des coûts liés à la mobilisation de son personnel lors des rassemblements sur les échangeurs de l’A83. Cependant, le tribunal a précisé que ces rassemblements n’avaient pas, pour la plupart, entraîné d’entraves à la circulation. Les manifestants avaient surtout utilisé ces moments pour exprimer leurs doléances, sans causer de perturbations notables sur les routes.
Décisions similaires pour d'autres départements
Le tribunal administratif a également rejeté la requête de l’ASF pour le Maine-et-Loire, où elle avait demandé 303 000 euros en raison de barrages filtrants. Comme pour les autres départements, le manque de preuves a conduit à la décision de ne pas reconnaître de blocages ou de filtrages significatifs. Les juges ont encore une fois déterminé qu'aucun élément ne permettait d'établir la réalité des entraves au trafic.
Une indemnisation symbolique
Malgré le rejet de ses demandes d’indemnisation, l’ASF a tout de même obtenu le remboursement de 543 euros pour des frais d’huissier, considérés comme utiles à l’établissement de la commission des délits. Cette décision du tribunal illustre la complexité des conséquences juridiques des mouvements sociaux sur les infrastructures publiques.
Le rejet de ces demandes par le tribunal administratif de Nantes met en lumière les défis rencontrés par les entreprises face à des mouvements de protestation. La situation soulève des questions sur la responsabilité de l'État dans la gestion de l'ordre public et les répercussions sur les sociétés d'autoroute.


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