Publié le dimanche 21 juin 2026 dans la rubrique Normandie
À Quiberville-sur-Mer, la Saâne retrouve son estuaire naturel après un chantier exemplaire
À Quiberville-sur-Mer, en Seine-Maritime, entre Dieppe et Veules-les-Roses, un nouvel estuaire vient de naître sur la côte d’Albâtre. Les travaux de reconnexion entre la Saâne et la Manche, démarrés en 2021, sont quasiment achevés en ce mois de juin 2026. Le site d’une quarantaine d’hectares offre désormais un vaste espace aux eaux salées pour pénétrer dans les terres.
Un fleuve côtier a changé de lit
Un panneau informatif le long du chemin l’annonce aux promeneurs : « La Saâne a changé de lit ». Ce fleuve côtier de 40 kilomètres s’étale aujourd’hui librement dans un estuaire restauré par l’Homme. L’eau s’écoule ou somnole dans des méandres, des mares, des petits chenaux, avant de se jeter dans la Manche.
Auparavant, l’eau cheminait dans une canalisation terminée par une buse. Un système artificiel désormais démantelé. La mer dispose maintenant d’un vaste espace pour entrer dans les terres. En cas d’intempéries et d’augmentation du débit, le fleuve cauchois peut se déverser librement dans la Manche. La reconnexion entre la Saâne et la mer a eu lieu le 4 décembre 2025.
Un chantier d’adaptation au réchauffement climatique
Laurent Topin, directeur du Syndicat Mixte des bassins-versants Saâne Vienne et Scie, confirme que le grand chantier débuté en 2021 est quasiment terminé. Il reste à élaborer le plan de gestion et d’intervention autour du nouvel exutoire de la Saâne.
Les images de la démolition du camping municipal de bord de mer à Quiberville-sur-Mer en 2024 avaient fait le tour de la France. Cette commune normande a montré ce qu’il est possible de réaliser face aux effets du réchauffement climatique. Les élus locaux ont réussi à anticiper les problèmes qui s’imposeront à d’autres dans les années à venir. Ils ont aussi construit une solidarité territoriale.
Une eau de bonne qualité et une biodiversité qui revient
La station d’épuration de Longueil, ouverte depuis 2023, dessert huit communes. Amélie Boutillier, directrice générale adjointe de la Communauté de Communes Terroir de Caux, déclare que l’eau rejetée dans la Saâne est « de bonne qualité ».
Le nouvel estuaire attire déjà animaux et végétaux des bords de mer. Les salicornes et des espèces qui aiment le sel s’y épanouissent. À Quiberville-sur-Mer, on espère voir revenir les poissons migrateurs comme la truite de mer ou le saumon. Les oiseaux aussi ont déjà investi les lieux. La fierté locale est palpable : accueillir une nouvelle biodiversité tout en s’adaptant au réchauffement climatique.
Un modèle pour d’autres communes littorales
Des élus de communes littorales de Seine-Maritime et d’autres régions s’intéressent à la démarche appliquée à Quiberville. Le projet « Basse Saâne 2050 » représente un investissement de 26 millions d’euros. Il est financé par les collectivités territoriales, l’Europe à hauteur de 30%, les établissements publics comme l’agence de l’eau, et l’État pour 4%. L’unité des élus locaux derrière ce chantier sert désormais d’exemple pour d’autres communes littorales françaises.


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