Publié le vendredi 26 juin 2026 dans la rubrique Normandie
Canicule en Normandie : une crise sans précédent pour l'élevage
Une canicule dévastatrice en Normandie
La canicule qui frappe la Normandie cet été 2026 a des conséquences dramatiques sur l'élevage. Les éleveurs doivent faire face à une surmortalité sans précédent, notamment chez les volailles, où les chiffres atteignent des sommets alarmants.
Les témoignages des éleveurs
Yannick Frain, éleveur de moutons des prés-salés, observe avec tristesse le départ d'un camion d'équarrissage. "On se sépare cruellement de bêtes qui n'ont pas survécu à cette canicule", confie-t-il. La chaleur intense, atteignant jusqu'à 43°C, a causé des insolutions parmi ses animaux. Après avoir découvert plusieurs brebis mortes, il a décidé de ramener son troupeau à l'ombre de la bergerie. "Les moutons sont devenus stressés et ne vont pas boire", explique-t-il, ajoutant avoir perdu une dizaine d'animaux en quelques jours.
Luc Chardine, un autre éleveur de la Manche, partage un constat similaire. Bien qu'il ait perdu une vache et 100 volailles, il se considère chanceux par rapport à d'autres. "Sur 18 000 volailles, ça va", dit-il, soulignant que la majorité de son cheptel avait été abattu juste avant la canicule, évitant ainsi des pertes plus graves.
Une crise sans précédent dans les centres d'équarrissage
Les entreprises d'équarrissage, déjà en difficulté, sont débordées par cette crise. Gilles Cogny, directeur général de la société Akiolis, à Saint-Langis-lès-Mortagne, indique que les pics de mortalité atteignent des proportions alarmantes : +40 % pour les bovins, +55 % pour les espèces porcines, et un incroyable +1 200 % pour les volailles par rapport à l’année précédente. Face à cette situation, les centres d'équarrissage doivent refuser de nombreux animaux décédés, rendant la situation encore plus critique pour les éleveurs.
Des mesures d'urgence pour les éleveurs
Confrontés à l'absence de solutions, de nombreux éleveurs se tournent vers l'enfouissement des cadavres. Bien que cette pratique soit normalement interdite, elle devient un dernier recours face à la saturation des services d'équarrissage. Un agriculteur du sud Manche a dû enterrer les dépouilles de 260 dindes, soit environ 3 tonnes de viande.
La Direction départementale de la protection des populations (DDPP) a réagi en autorisant exceptionnellement les agriculteurs à demander des autorisations d'enfouissement. Une ligne téléphonique a même été mise en place pour gérer ces demandes, reflétant l’urgence de la situation.
La détresse des éleveurs face à l'ampleur des pertes
Les éleveurs sont confrontés à des pertes qui mettent en péril leur activité. Au-delà des chiffres, ce sont des animaux élevés avec soin qui disparaissent, et ce bouleversement laisse les agriculteurs dans une profonde détresse. Ils témoignent de la difficulté émotionnelle de voir leurs troupeaux souffrir et mourir sous des conditions climatiques extrêmes.
La canicule de cet été 2026 marquera sans doute un tournant dans l'élevage en Normandie, et la solidarité entre les éleveurs pourrait devenir primordiale pour surmonter cette épreuve. Dans l'attente de solutions durables, chacun espère que la situation se stabilisera rapidement.


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