Normandie : logo actu locale.fr
Actualités en FRANCE > NORMANDIE
Education Teachers
Image à des fins esthétiques. ⚠️ Signaler la photo ou l'article comme inapproprié - © Crédit photo unsplash : Quilia.

Publié le vendredi 29 mai 2026 dans la rubrique Normandie

Fermeture du CFA d'Alençon : des enseignants inquiets face à une baisse d'effectifs et des métiers en tension

Fermeture du CFA d'Alençon : enseignants inquiets face à une baisse d'effectifs. Découvrez les enjeux pour les métiers en tension et la réaction des élus.

Alençon (Orne) – C’est une annonce qui a frappé de plein fouet les enseignants du pôle formation UIMM. Le centre de formation des apprentis (CFA) ornais, installé sur le campus de la ville, doit fermer ses portes à la rentrée prochaine. Une décision brutale, alors que la métallurgie recrute et que les élèves passent leurs examens.

Une annonce en pleine période d’examens

Le CFA d’Alençon accueille une cinquantaine d’étudiants, du bac au bac+2, formés à la chaudronnerie et à l’électrotechnique. Depuis le début de la semaine, les dernières années planchent sur leurs diplômes. C’est que l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), organisme chapeautant l’école, a lâché la nouvelle : fermeture avant la rentrée. Les enseignants racontent leur stupéfaction. « On n’a même pas eu le temps d’accuser l’information. On est centre d’examen, on ne peut rien organiser. » Ils ajoutent : « On s’est sentis pris en otage, sans pouvoir se mobiliser ou annuler les cours. La semaine dernière, on nous a appris qu’on allait tous être licenciés. »

Les élus locaux montent au créneau

Christophe de Balorre, président du Conseil départemental de l’Orne, et Sophie Douvry, maire d’Alençon, ont cosigné un communiqué. Ils expriment leur tristesse. Pour eux, cette structure « constitue une offre de proximité importante et une réelle opportunité pour des dizaines de jeunes », formés chaque année « à des métiers clés de notre industrie ». Les élus déplorent la disparition d’un outil qui fonctionne. Les chiffres parlent : une trentaine d’élèves en première année attendent encore de savoir s’ils pourront poursuivre leur cursus. Aucune date de fermeture précise n’a filtré.

Des raisons économiques mises en avant

Pourquoi fermer une école qui forme aux métiers en tension ? L’UIMM, contactée, reste muette. Selon le corps enseignant, la direction invoque une baisse d’effectifs. En 2020, le CFA comptait 70 étudiants. Aujourd’hui, ils sont une quarantaine. Mais les profs relativisent. « Certes, il y a eu une baisse. Mais depuis la régionalisation en 2020, aucune stratégie commerciale suffisamment forte n’a été menée pour aller chercher des jeunes et des entreprises. »

Leur amertume est palpable. « Ça reste des élèves dont on se soucie. On est présent dans l’Orne depuis 40 ans. Aujourd’hui, on se demande si tout n’est pas fait pour faire mourir les CFA, rémunérés au nombre d’apprentis, et promouvoir les lycées publics », confie la délégation d’enseignants. Ces derniers rappellent que les CFA vivent de subventions calculées sur leurs effectifs, alors que les lycées publics dépendent de l’État. Une différence de modèle qui pourrait expliquer la décision.

La baisse d’effectifs ne convainc pas les politiques

Les élus locaux ne partagent pas ce constat. « Les effectifs se portent plutôt bien », affirment-ils. Des jeunes viennent de l’Orne mais aussi des départements voisins, attirés par « la qualité des formations, dispensées dans un cadre agréable et à taille humaine ». Le site accueille chaque année de nouveaux projets. Un contexte qu’ils jugent « favorable au développement ». Alors pourquoi une telle chute ? La maire et le président du Département y voient une énigme, « sauf à ce que, ces derniers mois, de nouveaux éléments soient venus enrayer le recrutement d’apprentis ». Ils exigent des réponses de l’UIMM.

Il y a six ans, le CFA d’Alençon avait pourtant été réorganisé. Il avait rejoint ses homologues de Cherbourg et Caen pour former un grand pôle du sud normand. Une fusion qui devait renforcer l’attractivité. Aujourd’hui, le résultat semble inverse.

L’UIMM reste silencieuse

Contactée, l’Union des industries et métiers de la métallurgie n’a pas donné suite à nos sollicitations. Les raisons de cette fermeture restent floues. Les salariés, eux, tentent d’assurer la poursuite d’études des élèves de première année. La question reste entière : comment justifier la disparition d’un centre qui forme à des métiers qui recrutent, dans un département où l’industrie a besoin de bras ?


Partenaires
Boostez votre visibilité !
Placez votre publicité ici et atteignez des habitants locaux.
Contactez-nous dès maintenant pour discuter des options de partenariat adaptées à votre marché !

Newsletter actualité Normandie

Gratuit, inscrivez-vous pour recevoir les actualités de Normandie directement dans votre boîte mail.

Désinscription possible à tout moment.

Normandie : Plus d'articles