Publié le mardi 15 septembre 2026 dans la rubrique Normandie
Le "tarif agent" remis en cause par la Cour des comptes : les salariés d'EDF se mobilisent pour le préserver
La Cour des comptes remet en question le tarif préférentiel dont bénéficient les agents d'EDF et GDF, connu sous le nom de "tarif agent". À l'échelle nationale, des manifestations se tiennent ce mardi 15 septembre 2026, notamment devant le chantier de l'EPR de Penly, en Seine-Maritime, et à la centrale de Flamanville.
Un avantage historique menacé
Introduit en 1947, le "tarif agent" permet aux agents d'EDF et de GDF de bénéficier d'un tarif réduit sur leur consommation d'électricité et de gaz. Selon la Cour des comptes, cet avantage coûte environ 381 millions d'euros par an depuis 2018, avec un pic à 620 millions d'euros en 2023, lors de la crise des prix de l'énergie. Les bénéficiaires, qui sont environ 300 000 agents, ne paieraient en 2024 que 2,2 % du prix moyen de l'électricité et 1,8 % du prix moyen du gaz, ce qui a conduit la Cour à préconiser une réforme de ces avantages.
Des mobilisations à travers la France
Les manifestations s'intensifient à travers le pays. Ce matin, environ 300 personnes se sont rassemblées à Flamanville, selon la CGT. Les agents en grève évoquent l'importance de préserver ces acquis, considérés comme essentiels pour leur pouvoir d'achat et leur statut. Une cheffe d'équipe du nettoyage, en service depuis 17 ans, souligne l'importance de ce contrat, affirmant qu'il doit être respecté et préservé pour les générations futures.
Les enjeux des avantages en nature
La menace qui pèse sur le "tarif agent" ne concerne pas uniquement cet avantage. D'autres acquis, comme la gestion des heures supplémentaires et le Compte Épargne Temps, sont également dans le viseur de la Cour des comptes. Les représentants syndicaux alertent sur les conséquences que cela pourrait avoir sur la rémunération globale des agents, notamment ceux au SMIC, pour qui le tarif agent représente une économie significative.
Témoignages d'agents mobilisés
Romuald Guilmain, secrétaire général CGT à Flamanville, a précisé qu'un filtrage complet a été mis en place, renvoyant les prestataires pour maintenir une "journée morte". Les agents présents affirment que la suppression de ce tarif pourrait entraîner une perte de 1 000 à 1 200 euros par an pour un couple avec enfants. Ils rappellent que cet avantage est inclus dans leur salaire et que sa suppression serait une perte directe.
Rencontres avec les autorités
Dans l'après-midi, des réunions sont programmées. En Normandie, une délégation d'agents Enedis sera reçue par le secrétaire général de la préfecture du Calvados. Parallèlement, une délégation intersyndicale rencontrera Maud Brégeon, ministre déléguée à l'énergie. Celle-ci a affirmé sur France 2 qu'aucune décision ne serait prise sans concertation, promettant qu'il n'y aurait pas de "passage en force".
Les mobilisations de ce jour illustrent l'inquiétude grandissante des agents face à une potentielle remise en cause de leurs droits acquis. La suite des événements sera déterminante pour l'avenir de ces avantages en nature, déjà menacés par les recommandations de la Cour des comptes.


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