Publié le mardi 08 septembre 2026 dans la rubrique Normandie
TÉMOIGNAGES. "On ne veut pas revivre ce qu'on a vécu cet été avec les mégas feux" : les pompiers entrent en grève et demandent plus d'effectifs et de moyens
Les pompiers de France, notamment ceux de Dieppe en Seine-Maritime, déclenchent une grève nationale du 8 septembre au 20 octobre 2026. L'objectif est clair : revendiquer des moyens supplémentaires et une modernisation urgente de la sécurité civile. À l'issue d'un été marqué par des incendies dévastateurs, la santé et la sécurité des pompiers sont au cœur des préoccupations.
Des conditions de travail insuffisantes
Mathieu Gibassier, sapeur-pompier professionnel et représentant CGT, évoque les tragédies récentes : "On tire les leçons de ce qui s'est passé cet été avec les mégas feux, nos quatre collègues décédés, des pompiers intoxiqués, une quarantaine en caisson hyperbare". Ces événements tragiques mettent en lumière le manque de moyens face à des situations extrêmes.
Les pompiers ont été en première ligne cet été, affrontant des incendies gigantesques avec des équipements parfois insuffisants. Jérémy Lefebvre, pompier au Havre et membre du syndicat SPP PAT, déplore : "On a vu des pompiers face à des feux de forêts avec pour seule protection des cagoules en tissu sur le nez !". Cette situation soulève des questions sur la protection des intervenants face à des risques sanitaires importants.
Revendiquer la reconnaissance du métier
Les revendications des pompiers ne se limitent pas à des moyens matériels. La santé et la sécurité au travail sont également prioritaires. "Le métier n'est pas classé à risque, pourtant cette demande fait l'unanimité parmi les neuf organisations de l'intersyndicale", souligne Mathieu Gibassier.
La reconnaissance des difficultés rencontrées par les pompiers passe également par une revalorisation de leur rémunération. "Le sapeur-pompier professionnel travaille 24 heures, mais il est rémunéré 17 heures", explique Jérémy Lefebvre. Cette situation met en exergue les défis financiers auxquels font face les pompiers dans leur quotidien.
Le financement des SDIS en question
Les services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) sont financés par les départements et les communes. Or, ces dernières sont souvent "déjà dans le rouge et à bout de souffle", selon Mathieu Gibassier. Cette situation complique le recrutement et l'embauche de nouveaux pompiers, alors que des renforts sont nécessaires pour faire face aux enjeux actuels.
Une mobilisation prévue à Paris
Le 29 septembre, une journée nationale de mobilisation est prévue, avec un grand rassemblement de pompiers à Paris. "On a l'opinion publique avec nous, et les élus", affirme Mathieu Gibassier. Les pompiers veulent éviter de revivre les événements tragiques de cet été lors de la prochaine saison estivale.
Un service minimum garanti
Bien que la grève soit annoncée, les pompiers grévistes seront réquisitionnés pour garantir un service minimum. Cette mesure vise à assurer que les secours restent opérationnels, malgré les revendications en cours. Les sapeurs-pompiers espèrent que leurs actions mèneront à des changements significatifs dans le budget de la sécurité civile pour 2027.


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