Normandie : logo actu locale.fr
Actualités en FRANCE > NORMANDIE
child tragedy
Image à des fins esthétiques. ⚠️ Signaler la photo ou l'article comme inapproprié - © Crédit photo unsplash : Brooke Balentine.

Publication le 15 juin 2026 · Mis à jour le mercredi 17 juin 2026 dans la rubrique Normandie

Lisa, 3 ans, décède des suites de violences : six personnes sous enquête pour non-dénonciation

Lisa, 3 ans, décède des violences parentales. Six personnes, dont des proches et des enseignants, sont sous enquête pour non-dénonciation.

Lisa, 3 ans, battue à mort : six personnes risquent un procès pour ne pas avoir donné l'alerte

Elle aurait dû être protégée. Mais personne n'a parlé. Lisa, 3 ans, est morte dans la nuit du 23 au 24 septembre 2023 à Conches-en-Ouche, dans l'Eure, des suites de violences infligées par sa mère et son compagnon. Le parquet d'Évreux demande aujourd'hui que six personnes soient jugées pour ne pas avoir dénoncé les mauvais traitements. Parmi elles : trois grands-parents, deux directeurs d'école et une psychologue scolaire.

La petite fille est décédée à l'hôpital, le corps couvert d'hématomes, avec des traces d'étranglement. Le médecin légiste a conclu à un « traumatisme cranio-encéphalique gravissime ». Ce n'était pas la première fois que Lisa souffrait. Elle avait déjà perdu connaissance après des violences. Son grand frère, âgé de 7 ans, subissait lui aussi des coups réguliers.

Un drame dans l'indifférence du voisinage et des institutions

Le quartier de Conches-en-Ouche n'ignorait pas ce qui se passait. Un habitant, resté anonyme, racontait : « Cela devait arriver, ils se tapaient dessus, on entendait hurler. » Le maire de la commune, Jérôme Pasco, a parlé d'un « drame de l'isolement et de la perdition humaine, sur fond de consommation de stupéfiants et d'alcool ».

Mais les signaux d'alarme n'ont pas été relayés par ceux qui auraient dû les entendre. Le parquet a requis le renvoi en correctionnelle des grands-parents de Lisa, de deux directeurs d'école et d'une psychologue scolaire. Ils sont poursuivis pour non-dénonciation de mauvais traitements sur mineur. Le procureur de la République d'Évreux, Rémi Coutin, a pris cette décision après avoir instruit le dossier. « C'est un récit difficilement soutenable, je n'en dirai pas plus », avait-il déclaré au lendemain du drame.

Les six mis en cause devront répondre de leur silence face à une enfant qui souffrait. La justice leur reproche de ne pas avoir alerté alors qu'ils avaient connaissance des violences ou des signes de maltraitance. Un lourd silence qui a laissé la petite fille mourir sans protection.

La mère et le beau-père renvoyés aux assises pour meurtre

Les deux auteurs présumés des coups mortels, la mère de Lisa et son compagnon, tous deux trentenaires, sont en détention provisoire depuis le 26 septembre 2023. Le parquet a demandé leur renvoi devant la cour d'assises pour meurtre. L'enquête a établi que Lisa et son frère étaient battus régulièrement. Les coups du 23 septembre ont été fatals. Les secours n'ont pas pu ranimer l'enfant.

Cette affaire rappelle un autre drame : le meurtre de Lyhanna, qui avait déjà suscité des questions sur la protection de l'enfance. Lisa, elle aussi, est morte en silence, malgré des signes suspects visibles aux yeux de son entourage et des professionnels censés veiller sur elle.

Des institutions ébranlées, une famille sous les projecteurs

Le renvoi de six personnes devant un tribunal correctionnel est rare dans ce type d'affaires. Il cible à la fois la sphère familiale – les grands-parents – et les acteurs de l'Éducation nationale. La psychologue scolaire et les deux directeurs d'école sont pointés du doigt pour ne pas avoir signalé les faits. L'école était pourtant le lieu où Lisa passait ses journées. Où ses blessures auraient dû alerter.

Le parquet d'Évreux a pris sa décision en s'appuyant sur le dossier d'instruction. Les charges retenues contre les six personnes sont claires : non-dénonciation de mauvais traitements. Un délit passible de trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. Mais au-delà de la peine, c'est la question de la responsabilité collective qui pèse.

Comment une enfant de 3 ans peut-elle être battue à mort sans que personne – ni famille, ni voisin, ni école – n'intervienne ? Les faits de Conches-en-Ouche montrent les failles d'un système où la parole reste trop souvent prisonnière du silence ou de l'indifférence. Le procès à venir devrait mettre en lumière ces dysfonctionnements.

La mère et le beau-père, eux, attendent leur jugement devant les assises. Lisa ne les verra pas. Mais son histoire, marquée par la violence et l'abandon, oblige désormais la justice à se pencher sur ceux qui ont regardé ailleurs.


Partenaires
Boostez votre visibilité !
Placez votre publicité ici et atteignez des habitants locaux.
Contactez-nous dès maintenant pour discuter des options de partenariat adaptées à votre marché !

Newsletter actualité Normandie

Gratuit, inscrivez-vous pour recevoir les actualités de Normandie directement dans votre boîte mail.

Désinscription possible à tout moment.

Normandie : Plus d'articles