Publié le jeudi 28 mai 2026 dans la rubrique Normandie
Procès des parents d'un bébé mort de faim : déni et responsabilités dévoilés à Rouen
Le procès d'un couple de parents accusés de maltraitance infantile, suite à la mort tragique de leur bébé de huit mois, se poursuit à la cour d'assises de Rouen, dans le département de Seine-Maritime. La troisième journée d’audience, le jeudi 28 mai 2026, est marquée par la présentation des profils psychologiques des accusés, qui semblent tous deux vivre dans le déni des faits qui leur sont reprochés.
Une tragédie familiale
La petite Brooklyn, décédée en avril 2023, était pesée à moins que son poids de naissance, souffrant de dénutrition sévère. Maître Arnaud de Saint-Rémy, avocat de la partie civile, avait souligné cette situation alarmante lors des débats. Ce procès s'ouvre sur le constat amer que ces parents, bien que surpoids, n’aient pas pris les mesures nécessaires pour s'assurer du bien-être de leur enfant.
Profils psychologiques partagés
En ce jour d’audience, les experts présentent des rapports sur les deux accusés. Le père, Hyacinthe L., âgé de 30 ans, décrit son enfance comme "normale" malgré l’absence de son père, emprisonné pour homicide. Une psychiatre l’analyse comme présentant une personnalité schizoïde, avec un manque d’intérêt pour les autres. Il ne semble pas comprendre les besoins fondamentaux de ses enfants, arguant : "On me soupçonne de choses que je n’ai jamais faites."
De l’autre côté, sa compagne Anaïs L., 28 ans, est dépeinte comme une personne froide, avec des capacités empathiques limitées. Elle a manifesté peu de tristesse durant l’instruction et a confirmé avoir découvert sa grossesse tardivement, notamment en raison d’un dénis partiel. Pour elle, la santé de son enfant n’était pas en péril, comme elle l’a défendu : "D’après eux, j’ai tué mes 2 filles. C’est n’importe quoi."
Conséquences tragiques
Les résultats des médecins légistes précisent que la décès de la petite Brooklyn a cependant permis de protéger ses deux sœurs, Memphis et Hinata, âgées respectivement de 21 mois et trois ans. Les nécessités de soins de ces enfants sont critiques : elles souffrent de dénutrition sévère et ne sont pas vaccinées. Elles ont désormais été placées sous la protection de l'Aide sociale à l'enfance par le Département de Seine-Maritime.
Responsabilité des parents
Bien que les troubles psychologiques des parents soient reconnus par les experts, ces derniers concluent qu'ils n’entravent pas leur discernement, et par conséquent, ils pourraient être jugés responsables des actes qui leur sont reprochés. Cette évaluation ravive un débat sur leur capacité à comprendre les besoins des enfants, mettant en lumière un danger potentiel pour Memphis et Hinata.
Défense et contestations
Les avocats de la défense contestent la brièveté de l'évaluation psychiatrique, qui s'est limitée à deux sessions courtes, arguant que cela ne suffit pas à établir un diagnostic solide. Les accusés devraient s’exprimer sur leur version des faits dans le cadre des prochaines audiences. Une information judiciaire a également été ouverte pour non-assistance à personne en danger, visant à élucider d'éventuelles négligences sur d'autres signaux.

