Publié le mercredi 17 juin 2026 dans la rubrique Paris
Action féministe au théâtre : Édouard Baer et Atmen Kelif sous le feu des critiques
Des militantes féministes ont récemment mené une action marquante au théâtre du Gymnase Marie Bell à Paris, visant les comédiens Édouard Baer et Atmen Kelif. Cette intervention a eu lieu le jour de la première de la pièce « Cyrano », dans un contexte de tensions autour des accusations de violences sexistes et sexuelles qui pèsent sur ces artistes.
Une action revendicative
Ce mercredi, des membres du collectif « Nous Toutes Paris Nord » ont affiché des posters collant les visages des deux hommes sur la façade du théâtre, accompagnés du terme « agresseur ». Une militante a partagé cette action sur les réseaux sociaux, affirmant que le but était de dénoncer la présence d'individus accusés de violences sur scène.
Les accusations contre Édouard Baer
Édouard Baer a été au centre de controverses après que six femmes l'ont accusé de harcèlement et d'agression sexuelles dans une enquête publiée en 2024 par Mediapart et le magazine Cheek. Suite à ces accusations, il avait présenté des excuses publiques. Cet incident a également conduit à l'annulation d'un spectacle prévu au théâtre Antoine.
La réaction de Jean-Marc Dumontet
Jean-Marc Dumontet, producteur et propriétaire de plusieurs théâtres à Paris, dont le Gymnase et le théâtre Antoine, a réagi à ces événements. Il a exprimé sa conviction que deux ans après les accusations, l'absence de plaintes ou de nouvelles révélations justifiait la tenue de la première de « Cyrano ». Selon lui, Édouard Baer a le droit de jouer tant qu'aucune action judiciaire n'a été engagée.
Atmen Kelif également dans la ligne de mire
Les militantes ont également pointé du doigt Atmen Kelif, qui a déjà été condamné pour des faits de violences conjugales. Une des victimes présumées a même déposé plainte pour viol, mais l'affaire a été classée pour prescription. Cette situation soulève des questions sur la responsabilité des artistes face à de telles accusations.
Une mobilisation pour les victimes
Le collectif « Nous Toutes » a exprimé sa volonté de maintenir la pression sur le monde de la culture pour défendre les victimes. Les militantes affirment qu'elles continueront de s'opposer à la présence d'agresseurs présumés sur scène. Leur action vise à provoquer un « soulèvement féministe », dénonçant ce qu'elles qualifient de complicité active face aux violences dans l'industrie culturelle.
Une réponse réfléchie aux accusations
Jean-Marc Dumontet a déclaré découvrir ces accusations lors de l'action et a précisé qu'il ne prend pas cette situation à la légère. Il reconnaît que le mouvement actuel de sensibilisation aux violences sexuelles est fort, mais insiste sur le fait qu'il n'y a pas de conséquences immédiates sur la première de « Cyrano de Bergerac ». Il se dit engagé dans des projets qui soutiennent la cause féministe, citant son soutien à des spectacles abordant des thèmes de violences sexuelles.
Cette situation continue de susciter des débats autour des responsabilités des artistes et du traitement des accusations de violences dans le milieu culturel. Les actions du collectif « Nous Toutes » illustrent une volonté de changement et une vigilance accrue face aux comportements inacceptables.

