Publié le dimanche 14 juin 2026 dans la rubrique Paris
Des milliers de manifestants à Paris et Bordeaux pour défendre les free parties
Mobilisation à Paris et Bordeaux
Samedi dernier, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés à Paris et Bordeaux pour défendre les free parties, menacées par le projet de loi Ripost. Cette législation vise à renforcer le cadre juridique autour de ces événements festifs, jugés hors de contrôle par certaines autorités.
Une ambiance festive à Paris
À Paris, le cortège a pris forme derrière une dizaine de camions diffusant des sons de techno, trance et électro, créant une ambiance joviale. Les participants, principalement jeunes, ont exprimé leur soutien à la culture des free parties à travers des slogans tels que « Nos raves sont réalité » ou « Les violeurs en prison, pas les teufeurs ». Le rassemblement a débuté à la place Stalingrad, dans le nord-est de la capitale.
Des voix qui dénoncent la répression
Les manifestants font part de leurs inquiétudes concernant le projet de loi. Sebastian, 23 ans, a déclaré que la véritable raison pour laquelle les autorités s'opposent aux free parties est leur nature autogérée, échappant à tout contrôle étatique. Pour lui, ces événements représentent un véritable refuge où il est possible de se déconnecter du quotidien.
Caroline, une participante de 29 ans, a quant à elle découvert les free parties après avoir longtemps fréquenté des clubs. Elle apprécie ces espaces de liberté, loin des impératifs de consommation. « Trouver un endroit où tu n’es pas obligé de payer, pas obligé de consommer, c’est précieux », a-t-elle affirmé.
Bordeaux en solidarité
À Bordeaux, environ 2500 personnes, selon la préfecture, ont également manifesté pour les mêmes raisons. Une organisatrice de « sound system » non déclarés, qui a souhaité rester anonyme, a expliqué que ces événements sont souvent mal perçus par les médias. Elle insiste sur le fait que la sécurité et la propreté sont des priorités pour les organisateurs. « Je n’ai jamais organisé de soirée qui se soit mal passée », a-t-elle déclaré.
Une lutte pour la liberté
Les participants à ces manifestations mettent en avant leur volonté de se battre pour la liberté, surtout dans le contexte actuel où la répression semble s'intensifier. « Ça les dérange que ce soit libre », a commenté « Cheval fou », une jeune femme de 26 ans, soulignant l’importance de défendre cet espace de fête et d’expression.
Un projet de loi controversé
Le projet de loi Ripost, déjà adopté au Sénat, doit encore être débattu à l’Assemblée nationale. Il prévoit des sanctions sévères : jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende pour les organisateurs, ainsi que six mois de prison et 7 500 euros d’amende pour les participants. De plus, le seuil de déclaration en préfecture serait abaissé à 250 personnes, contre 500 actuellement.
Cette mobilisation pour la défense des free parties souligne une fracture entre une jeunesse en quête de liberté et un cadre législatif jugé contraignant. La lutte pour la pérennité de ces événements festifs est loin d’être terminée.

