Publié le jeudi 22 octobre 2026 dans la rubrique Paris
Les commerçants parisiens prennent les armes face à l'insécurité
Dans le Ier et IIe arrondissement de Paris, les commerçants font face à une situation de crise sans précédent. Après des jours de pillages, la peur s'est installée, et l'autodéfense semble être devenue une option pour certains d'entre eux. Assia, une commerçante de 54 ans, symbolise cette inquiétude. Armée d'une barre de fer, elle s'est interposée pour protéger son magasin lors des récents troubles. Elle n'est pas seule : de nombreux commerçants, inquiets pour leur sécurité, envisagent de se défendre eux-mêmes.
Un climat de peur chez les commerçants
Les événements des derniers jours ont semé la panique dans la capitale. Loin d'être isolée, Assia a exprimé son désespoir face à la situation : « Il va y avoir des morts et nous, on va nous défendre, ça suffit », a-t-elle déclaré. Cette mentalité reflète un état d'esprit partagé par de nombreux professionnels, lassés de l'absence de protection de la part des forces de l'ordre.
Les armuriers face à la demande croissante
Les armuriers parisiens, comme Yves Gollety, président de la Chambre syndicale nationale des armuriers, constatent une augmentation alarmante de la demande. « Nos commandes ont été multipliées par dix », affirme-t-il, précisant que les clients sont principalement des commerçants et restaurateurs traumatisés par les récents événements. La nécessité de se défendre devient primordiale pour eux.
Les produits d'autodéfense prisés
Dans les armureries, les articles d'autodéfense se vendent comme des petits pains. Les pistolets à balles en caoutchouc et les bombes lacrymogènes, tels que les modèles Guardian Angel et JPX, sont recherchés. Ces dispositifs, bien que classés comme des aérosols, connaissent une rupture de stock dans certaines boutiques de la capitale. Les clients, souvent discrets, semblent conscients de l'anormalité de leur achat.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes
Les coûts varient selon les modèles : un pistolet à balles en caoutchouc peut se vendre à 149 euros, tandis qu'un aérosol lacrymogène Guardian Angel est proposé à 45 euros, et d'autres modèles peuvent atteindre plusieurs centaines d'euros. Le président de la Chambre syndicale nationale des armuriers prévient : « Si la police ne rétablit pas l’ordre, il ne va plus y avoir de stock ». La tension est palpable parmi les professionnels, qui craignent une pénurie imminente.
Réactions des organisations professionnelles
L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) exprime également ses préoccupations. Frank Delvau, président de la branche Paris-Ile-de-France, appelle au calme mais reconnaît la détresse des commerçants. « On appelle surtout le gouvernement à prendre ses responsabilités pour éviter un nouveau pillage généralisé », affirme-t-il. Cette situation met en lumière le besoin urgent de rétablir l'ordre dans les rues de Paris.
Le climat d'insécurité s'est intensifié, et les commerçants, face à la menace d'un nouveau pillage, se préparent à protéger leurs biens. Ce phénomène inquiétant soulève des questions sur la sécurité publique et le rôle des autorités dans la protection des citoyens.


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