Publié le mardi 25 août 2026 dans la rubrique Strasbourg
Les éclusiers du Rhin s'opposent à la téléconduite d'EDF
Les éclusiers d’Électricité de France (EDF), opérant sur le Rhin en Alsace, tirent la sonnette d’alarme face à un projet de téléconduite qui menace leur emploi. Ce projet, qui vise à réduire la présence humaine dans les écluses, pourrait avoir des répercussions sur la sécurité de la navigation.
Un contexte préoccupant
Alors que le Rhin connaît des niveaux d’eau exceptionnellement bas, entraînant des perturbations du trafic fluvial, la direction d’EDF envisage d’étendre la téléconduite à certaines écluses. Actuellement, EDF gère huit des dix écluses de la région, en lien avec l’exploitation de ses centrales hydroélectriques. Le projet de téléconduite est déjà en place à Vogelgrun et Fessenheim depuis 2023, et pourrait bientôt s’étendre à l’écluse de Gerstheim, située à 15 km en aval de Strasbourg.
Les craintes des éclusiers
Les éclusiers expriment leurs inquiétudes quant à cette évolution. Philippe Charpentier, élu CGT et secrétaire du CSE EDF Hydro Est, indique que la concentration du pilotage sur un seul site pourrait avoir des conséquences désastreuses. Actuellement, après 18h, un éclusier doit surveiller deux installations, ce qui augmente le risque d’incidents. L’intersyndicale a déjà alerté la direction sur ces enjeux de sécurité.
Les répercussions sur la sécurité
Un rapport du cabinet Degest, mis en avant par les syndicats, souligne que la téléconduite pourrait accroître les risques d’incidents. Selon ce rapport, des situations d’aléas supplémentaires sont à prévoir, notamment une panne de réseau ou un incident rendant la téléconduite inopérante. Cela pourrait entraîner une dégradation de la sécurité des installations et des navigations, ainsi qu’une perte d’efficacité des éclusiers.
Le trafic fluvial sur le Rhin
Le Rhin est une voie de navigation cruciale, avec deux millions de passagers et 30 millions de tonnes de marchandises transportées chaque année. Parmi ces marchandises, certaines sont dangereuses, ce qui renforce l’importance d’une gestion humaine des écluses. L’écluse de Strasbourg gère 15 000 bateaux, tandis que 108 000 passent chaque année par l’ensemble des écluses d’EDF.
Position d'EDF sur la téléconduite
EDF défend son projet, affirmant qu’il s’inscrit dans un processus de modernisation, déjà éprouvé sur d’autres voies navigables comme le Rhône. La société met en avant l’absence de problèmes depuis l’introduction de la téléconduite à Fessenheim et assure qu’un suivi est effectué pour évaluer l’impact sur les conditions de travail des éclusiers.
Une comparaison avec d'autres écluses
Un éclusier, qui a souhaité garder l’anonymat, souligne que la situation sur le Rhône est différente. Les écluses du Rhône disposent d’un seul sas, tandis que celles du Rhin en ont deux, ce qui accroît la responsabilité des éclusiers. Avec un trafic prévu d’environ 3,5 fois plus élevé, les défis posés par la téléconduite deviennent encore plus inquiétants.
Réactions et prochaines étapes
Les syndicats de EDF Hydro prévoient de relancer la Dreal pour exprimer leurs préoccupations. Ils envisagent également de solliciter des élus nationaux et régionaux afin de faire entendre leurs inquiétudes. La sécurité des écluses et la préservation des emplois sont au cœur de leurs revendications.


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