Publié le vendredi 29 mai 2026 dans la rubrique Strasbourg
Logement social, zones à faibles émissions et solidarité en débat à l'Eurométropole de Strasbourg
Le conseil de l'Eurométropole de Strasbourg (EMS) se réunit le vendredi 29 mai. L'ordre du jour, bien que dépourvu de grands projets, aborde des sujets cruciaux, notamment le rapport de la chambre régionale des comptes du Grand Est portant sur le logement social. Ce document, publié en avril, met en lumière une problématique persistante : le manque de logements sociaux dans l'agglomération.
Un besoin croissant en logements sociaux
Au début de 2025, le territoire comptait plus de 30 000 demandes actives de logements sociaux, soit une augmentation de 50 % en dix ans. La chambre régionale des comptes observe également une diminution dans la construction de nouveaux logements sociaux, allongeant ainsi les délais d'attente pour les demandeurs. Ce constat souligne la nécessité d'une meilleure analyse des besoins des demandeurs, ainsi que des raisons des refus de logements proposés, comme le précise la CRC.
Les débats entre majorité et opposition
Cet enjeu du logement social s'annonce comme un sujet de discussion majeur au sein du conseil. La majorité devrait mettre en avant les retards accumulés lors des mandatures précédentes. De son côté, l'opposition, incluant l'ancienne maire écologiste Jeanne Barseghian, risque de critiquer une politique perçue comme trop centrée sur Strasbourg, négligeant les communes environnantes. Cela soulève également la question de la répartition équitable des efforts entre les différentes communes.
Des décisions administratives à prévoir
Le reste de l'ordre du jour se concentre sur des décisions administratives. Les élus devront procéder à des désignations dans divers organismes et valider des marchés pour des travaux. Plusieurs subventions destinées aux politiques de solidarité seront également votées, dont une enveloppe pour les groupes d’entraide mutuelle (GEM) œuvrant dans le domaine de la santé mentale.
Un programme de végétalisation critiqué
Un programme de végétalisation d'espaces résidentiels, prévu pour soutenir treize projets avec un budget total d'environ 64 000 euros, suscite quelques tensions. Irène Weiss, conseillère eurométropolitaine, juge cette somme insuffisante, soulignant que l'État avait prévu d'allouer des montants bien plus élevés dans les années à venir. Elle évoque l'exemple de Bordeaux, où une initiative similaire permet aux habitants de demander des installations de plantes devant chez eux.
Des motions variées en débat
Lors des questions diverses, le groupe socialiste proposera une motion pour défendre le maintien de l'Agence pour la maîtrise de l'énergie (Ademe), souvent remise en question par les représentants de la majorité. Cette agence, essentielle pour la transition écologique, joue un rôle stratégique dans le financement des projets environnementaux locaux.
Le dossier des zones à faibles émissions
Les zones à faibles émissions (ZFE) seront également au cœur des discussions. Alors que le processus d'interdiction des véhicules polluants a été censuré par le Conseil constitutionnel, les élus de gauche de Schiltigheim prévoient de défendre sa pérennité. Ce dispositif soulève des préoccupations quant à son impact environnemental et social, et les élus souhaitent que la majorité clarifie sa position sur l'étendue et le calendrier des restrictions.
Les enjeux soulevés au conseil pourraient donc avoir des répercussions importantes sur le futur du logement, de l'environnement et de la solidarité dans l'Eurométropole de Strasbourg.

