Publié le vendredi 09 octobre 2026 dans la rubrique Strasbourg
Malgré une accusation floue, un street-medic devant la justice
Ce vendredi 9 octobre, la salle d’audience du tribunal de Strasbourg a pris des allures de salle de classe, accueillant une vingtaine de jeunes venus soutenir un camarade. Ali M., un street-medic, comparait pour des accusations de violence à l’encontre d’un policier lors d'une mobilisation lycéenne survenue le 6 octobre.
Un parcours de street-medic
Ali M. a rejoint le mouvement des street-medics, ces secouristes de rue, suite à la répression qu'il a observée lors des manifestations lycéennes. « Choqué par la répression de ces manifestations », il a acquis son brevet de premiers secours avant de se lancer dans cette activité. Son avocat, Me Alexis Galand, souligne qu'à son interpellation, Ali était équipé de tout le matériel nécessaire, comme du sérum physiologique.
Une garde à vue prolongée
Le jeune homme a subi une garde à vue de 53 heures, dépassant le maximum réglementaire de 48 heures, avec cinq heures d'attente pour être présenté devant le juge des libertés. Ali évoque des conditions difficiles, se sentant traité comme un criminel, et rapportant avoir entendu des insultes depuis sa cellule.
Des accusations contestées
Au tribunal, l'avocat d'Ali met en lumière la fragilité des preuves. « Les témoignages des policiers se contredisent », déclare-t-il. Selon lui, seul un policier a identifié Ali comme l’auteur de jets de projectiles, tandis que l'analyse des vidéos de surveillance et des drones n’a rien révélé de compromettant. « Il n’y a rien », insiste Me Galand.
Des accusations initiales floues
Ali était initialement accusé d'avoir blessé un policier en lui lançant un pavé. Cependant, la victime n’a pas pu identifier son agresseur. Au final, les charges ont été réduites à deux projectiles lancés, sans lien avec la blessure initiale du policier.
Des interrogations sur la procédure
Le président du tribunal, Christophe Deshayes, a exprimé des doutes concernant le procès-verbal dressé. Il a noté l'absence d'audition de certains policiers et a soulevé des questions sur l'identité de Madame F., mentionnée dans la procédure. Le représentant du ministère public, Stéphane Renard, a lui-même eu du mal à suivre le dossier, le relisant plusieurs fois pour en saisir les enjeux.
Un procès renvoyé
Le procès d’Ali a été renvoyé au 26 novembre 2026. En attendant, son contrôle judiciaire est maintenu, ce qui inclut une interdiction de participer à des manifestations. Ali s'interroge sur la faisabilité de cette interdiction, sachant que le centre-ville est régulièrement le théâtre de manifestations non déclarées.
Des droits limités
Me Alexis Galand regrette cette décision, soulignant que l’interdiction de manifester durant une période prolongée est problématique, d’autant plus que les faits sont contestés. « Monsieur n’a commis aucune violence, ça s’est vu. Il a le droit d’exprimer ses opinions », conclut-il. Cette situation soulève des questions sur la liberté d'expression et les droits des jeunes engagés dans des mouvements sociaux.


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