Publié le mercredi 16 septembre 2026 dans la rubrique Strasbourg
Sciences Po Strasbourg n’a plus de partenariat avec une université israélienne
Sciences Po Strasbourg, situé dans le Bas-Rhin, a annoncé qu'aucune nouvelle convention de partenariat n'est prévue avec l'université Reichman en Israël, lors de son prochain conseil d'administration programmé pour le 29 septembre. Cette décision marque la fin d'un partenariat controversé qui dure depuis juin 2024.
Une fin de partenariat attendue
Le député Emmanuel Fernandes, membre de La France Insoumise, a exprimé sa satisfaction face à cette annonce, soulignant qu'il prend acte de la cessation de cette coopération. Cependant, Emmanuel Droit, le directeur de l'IEP, n'a pas confirmé cette information à Rue89 Strasbourg. Le partenariat, signé le 22 avril 2021 pour une durée de cinq ans, ne peut pas être reconduit sans une nouvelle convention, ce qui signifie qu'il a atteint son terme en juin 2026.
Une position claire sur la guerre en cours
En octobre dernier, Emmanuel Droit avait indiqué qu'il ne souhaitait pas renouveler l'échange d'étudiants avec un pays en guerre. Néanmoins, il se montrait ouvert à une future collaboration avec Israël, arguant que cela permettrait aux étudiants de mieux comprendre les enjeux sécuritaires et sociopolitiques de la région.
Des tensions et des contestations au sein de l'institution
En juin 2024, le conseil d'administration de Sciences Po Strasbourg avait voté la suspension du partenariat, en raison des violences à Gaza orchestrées par le gouvernement israélien. Cette décision avait été annulée en décembre 2024 sous la pression de l'Université de Strasbourg et du gouvernement, provoquant un mouvement de contestation parmi les étudiants, ainsi que la démission de plusieurs administrateurs. Des blocages avaient eu lieu sur le campus entre janvier et mars 2025.
Les voix qui s'élèvent contre le partenariat
Vincent Dubois, professeur et administrateur démissionnaire, critique cette situation, affirmant que la décision de suspendre le partenariat aurait dû être définitive dès juin 2024. Il souligne que cette affaire a duré deux ans, période durant laquelle les inquiétudes concernant la collaboration avec des institutions israéliennes se sont révélées fondées, notamment en ce qui concerne leur implication dans les violences contre les Palestiniens.
Sciences Po Strasbourg en première ligne
Vincent Dubois conclut que l'IEP pourrait être la première institution universitaire strasbourgeoise à se distancer d'Israël. En septembre, une enquête d'Investigate Europe a révélé une campagne de lobbying intense de la part d'Israël pour maintenir les partenariats universitaires en Europe, malgré la situation actuelle. Certaines grandes institutions françaises, comme la Sorbonne et Sciences Po Paris, n'ont pas rompu leurs liens avec Israël, malgré les mobilisations étudiantes.


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