Publié le jeudi 10 septembre 2026 dans la rubrique Strasbourg
Pompiers en colère : entre incendies et promesses non tenues
Incendies estivaux : un bilan dramatique
À l'été 2026, près de 97 000 hectares de forêt ont été ravagés par des incendies en France, un chiffre alarmant. Plus de 250 000 pompiers ont été mobilisés pour faire face à cette catastrophe, qui a coûté la vie à quatre d'entre eux et blessé une centaine de personnes. En Alsace, cinq colonnes de renforts ont été dépêchées en Gironde, la dernière n'étant rentrée qu'à la fin août. Dans ce cadre, les syndicats de pompiers attendaient des compensations du ministère de l'Intérieur, mais leurs espoirs se sont vite évanouis.
Des promesses non tenues
Le 8 septembre, les représentants syndicaux ont été reçus au ministère de l'Intérieur par Julien Marion, directeur général de la sécurité civile. À leur sortie, le sentiment de déception était palpable. Le projet de loi sur la modernisation de la sécurité civile n'a pas répondu aux attentes. Huit des neuf syndicats présents ont donc appelé à la grève.
Mobilisation des pompiers alsaciens
Le 9 septembre, trois représentants des syndicats de pompiers d'Alsace ont exposé leurs préoccupations à Strasbourg, à l'invitation de Sandra Regol, députée Les Écologistes du Bas-Rhin. Michaël Pacanowski, président du syndicat Spasdis-CFDT, a souligné l'absence de financements pour les équipements et le personnel. Selon lui, le projet de loi ne contient que de vagues promesses, sans réponse concrète sur les besoins urgents des services de secours.
Augmentation des missions des pompiers
Les syndicats déplorent que les pompiers soient contraints de combler les lacunes laissées par la fermeture des services publics. Par exemple, la fermeture d'une maternité accroît le risque d'accouchements dans des véhicules d'assistance. Arnaud Biskupski, secrétaire général du syndicat SIS-CGT 68, a indiqué qu'il y a eu une augmentation de 35 % des sorties depuis les années 2000. Pendant ce temps, le nombre de pompiers professionnels n'évolue pas, entraînant une hausse du temps d'intervention, passé de 12 minutes en 2025 à 15 minutes en 2026 en Alsace.
Une loi qui pourrait aggraver la situation
Les pompiers s'inquiètent également du projet de loi qui vise à supprimer les objectifs de délai minimum d'intervention. Michaël Pacanowski a souligné que sans ces objectifs, il n'y aurait aucune incitation pour les préfets à garantir que les collectivités locales investissent dans la sécurité publique. En outre, la loi pourrait envisager de réduire le nombre de personnels présents dans les véhicules d'intervention, aggravant ainsi la situation.
Grève et réquisition des pompiers
Face à cette impasse, les pompiers se sont mis en grève, mais ils sont de facto réquisitionnés pour maintenir leurs missions. Cédric Hatzenberger, secrétaire général de SIS-FO 67, a exprimé son scepticisme quant à l'efficacité de cette grève, qualifiant la situation d'affichage. Les syndicats prévoient d'intensifier leur mouvement, avec des opérations de sensibilisation et une grande manifestation à Paris le 29 septembre.
Financement insuffisant des services d'incendie
Les services d'incendie et de secours (SIS) sont financés principalement par les collectivités locales, notamment les départements. Dans le Bas-Rhin, le SIS 67 a reçu 105 millions d'euros en 2025, pour un coût de 84,33 euros par habitant. En revanche, le Haut-Rhin dispose d'un budget annuel de 76 millions d'euros, représentant 84,35 euros par habitant. Les syndicats estiment que ces chiffres révèlent un manque d'investissement des collectivités alsaciennes dans la sécurité civile.
Recours aux pompiers volontaires
Pour réduire les coûts, les SIS font de plus en plus appel aux pompiers volontaires, qui ne sont pas destinés à assurer des gardes postées. Actuellement, l'Alsace compte 8 300 pompiers volontaires pour seulement 1 100 pompiers professionnels. Bien que leur statut limite leur mobilisation à 600 heures par an, de nombreux volontaires dépassent largement ce plafond, travaillant parfois plus de 1 000 heures. Un rapport de l'Inspection générale de l'administration a estimé qu'il faudrait recruter 21 000 pompiers professionnels pour atteindre un effectif satisfaisant, soit une hausse de 50 %.
La Collectivité européenne d'Alsace n'a pas souhaité répondre aux questions soulevées par cette situation préoccupante. Les pompiers continuent donc de se battre pour obtenir les moyens nécessaires à l'exercice de leur mission essentielle pour la sécurité publique.


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