Publication le 12 juin 2026 · Mis à jour le dimanche 14 juin 2026 dans la rubrique Strasbourg
Strasbourg organise un hommage à Noahm, victime d'agression mortelle à Metz
Strasbourg rend hommage à Noahm, victime d'une agression mortelle à Metz
Dimanche 14 juin à 15 heures, un rassemblement est organisé place Gisèle Halimi à Strasbourg, face au palais de justice. Le Front d'Action Gay (FAG) appelle la population à se joindre à cet hommage. La communauté LGBT+ pleure Noahm, un jeune Mosellan de 19 ans, mort après une agression violente survenue dans la nuit du 30 au 31 mai à Metz.
Le collectif FAG ne cache pas sa colère. « En 2026, l'homophobie tue encore », écrit-il dans son appel. Les organisateurs insistent sur le fait que ce drame s'inscrit dans une réalité plus large. « Si l'on s'en saisit en ce moment, ces meurtres émaillent toute l'année, pas seulement le mois de juin », rappelle Kévin, membre du FAG depuis deux ans.
Ce rassemblement intervient en plein mois des Visibilités, période habituellement dédiée à la fierté et aux célébrations. Pour le FAG, l'émotion est trop forte pour se contenter d'une fête. « Il ne saurait y avoir de fierté sans l'expression de la colère de toute une communauté en deuil », affirme le collectif.
Les circonstances du drame
Dans la nuit du 30 au 31 mai, Noahm est frappé violemment à la tête à plusieurs reprises. Il perd connaissance sur place. Les agresseurs l'abandonnent, inconscient, dans un état critique. Placé en état de mort cérébrale, le jeune homme décède le 2 juin au matin.
L'affaire a rapidement suscité une forte mobilisation. Des associations, des élus et des témoins ont pris la parole. Leur pression a pesé dans l'évolution du dossier judiciaire.
Une enquête qui change de cap
Dans les premiers jours suivant l'agression, le parquet de Metz estimait ne pas disposer d'éléments suffisants pour retenir le caractère homophobe des faits. Cette position a tenu jusqu'au 11 juin. Ce jour-là, le procureur de la République a annoncé un élargissement des investigations. L'hypothèse d'un crime homophobe est désormais officiellement examinée.
Ce revient fait suite à une réelle mobilisation politique et associative, couplée à une médiatisation accrue. Les témoins ont également apporté des éléments nouveaux. Le FAG salue cette évolution mais ne désarme pas. Le collectif considère que l'État tarde à agir en amont.
« Il se doit de protéger nos vies », martèle l'organisation, qui dénonce l'inaction des pouvoirs publics en matière de prévention. Les différents plans nationaux de lutte contre l'homophobie sont jugés insuffisants. Les associations rappellent que ces violences ne sont pas des faits isolés.
Un appel à la mobilisation et à la vigilance
Dimanche, les participants se rassembleront donc pour Noahm, mais aussi pour toutes les victimes d'actes homophobes. Le FAG veut faire de ce moment un temps fort, politique et solennel. La place Gisèle Halimi, symbole de justice et d'engagement, a été choisie délibérément.
Le collectif attend une forte affluence. Il invite les Strasbourgeoises et Strasbourgeois à venir nombreux, au-delà des cercles militants. « Il faut que la société civile montre son refus de la violence », insistent les organisateurs.
Le drame de Noahm a déjà provoqué des réactions bien au-delà de Metz. À Strasbourg, la communauté LGBT+ s'organise. Des temps de parole et des initiatives de soutien aux proches de la victime sont en préparation.
Kévin le rappelle : ces agressions ne surviennent pas seulement en juin, mois officiel des fiertés. Elles rythment l'année entière, souvent dans l'indifférence. « Ne nous trompons pas de cible, ajoute-t-il. Le problème est systémique. »
Le rassemblement de dimanche se veut une réponse directe à cette réalité. Un hommage, certes, mais aussi un acte politique. Le FAG promet de maintenir la pression sur les autorités judiciaires et politiques. L'élargissement de l'enquête à Metz est une première victoire, mais le combat continue.
La date du 14 juin n'est pas anodine. Elle intervient en plein mois des Visibilités, symbole d'un mouvement qui refuse de se taire malgré les drames. Les organisateurs espèrent que ce moment marquera un tournant dans la prise de conscience collective.
Dimanche, à 15 heures, Strasbourg aura les yeux tournés vers la place Gisèle Halimi. Pour Noahm, pour les siens, et pour toutes les vies brisées par la haine.

