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Publié le vendredi 04 septembre 2026 dans la rubrique Suisse

Crise viticole en Suisse : Un secteur en détresse face à l'effondrement des ventes

La viticulture en Suisse, notamment dans le Valais, traverse une crise inédite avec une chute des ventes et des viticulteurs en détresse.

La viticulture en Suisse, et dans le Valais, fait face à une crise sans précédent. En trois décennies, la consommation de vin a chuté de 28%, tandis que les vins suisses ont vu leur consommation diminuer de 33%. les coûts de production restent exorbitants, atteignant parfois jusqu'à 40'000 francs par hectare sur les coteaux valaisans. Mathias Delaloye, vigneron-encaveur à Ardon, souligne la gravité de la situation en affirmant que cette crise est inédite depuis quatre générations.

Impact sur les producteurs

Pour de nombreux vignerons, la situation devient critique. Les restaurants, les consommateurs et la grande distribution réduisent tous leurs achats. Face à cette réalité, certains viticulteurs n'hésitent pas à solliciter des aides financières auprès de leur organisation professionnelle. D'autres expriment leur détresse psychologique, la pression étant telle que la Chambre valaisanne d'agriculture, présidée par Delaloye, reçoit des appels de viticulteurs "au bord du suicide". "On doit dire au peuple suisse la détresse dans laquelle on est", déclare-t-il, soulignant l'urgence de la situation.

Un modèle en crise

Cette crise va au-delà des chiffres; elle remet en question un modèle économique. Actuellement, seulement 37% des vins consommés en Suisse proviennent du pays, tandis que 63% sont importés. Dans ce climat difficile, le groupe Schenk, l'un des leaders suisses dans l'encavage et la mise en bouteille, a pris la décision difficile de réduire ou de cesser ses achats auprès de plusieurs vignerons vaudois et genevois. Au début de l'année, plus de 200 vignerons ont reçu une notification les informant que leur récolte ne serait plus reprise à partir de la vendange 2026.

Témoignages de détresse

Pour certains producteurs, cette annonce est un choc brutal. Un vigneron vaudois, qui préfère garder l'anonymat par crainte de représailles dans son village, a fourni sa récolte à Schenk pendant près de quarante ans. Aujourd'hui, il doit abandonner son activité viticole après avoir échoué à trouver de nouveaux acheteurs. "Ça me casse mon activité," confie-t-il, exprimant un sentiment de dégoût face à cette situation.

Réactions du secteur

Thierry Gaillard, directeur général de Schenk, justifie cette décision par la baisse de consommation et les stocks excessifs. Selon lui, il a fallu du temps pour réaliser que la crise serait profonde et durable. "Il y a un modèle gros volume bas prix qui est en train de mourir", admet-il, illustrant la nécessité d’une adaptation face à cette réalité.

Opinions divergentes sur l'avenir

Les avis divergent dans le milieu viticole concernant les solutions à apporter. Philipp Schwander, un négociant zurichois, fait valoir que certains vins suisses ne trouvent plus leur marché et prône davantage de concurrence. "Le vin doit être livré à la concurrence", soutient-il. À l'opposé, une grande partie des vignerons romands réclame une révision des règles d'importation. Le Conseil fédéral doit décider cet automne s'il va modifier le système d'attribution du contingent de 170 millions de litres de vin importable à tarif préférentiel.


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