Publié le jeudi 10 septembre 2026 dans la rubrique Suisse
Faut-il instaurer une commission d'enquête parlementaire sur l'achat du F-35?
Une gestion controversée du dossier F-35
À Berne, le monde politique s'est déchaîné mardi au sujet de la gestion de l'achat des F-35 par l'ancienne conseillère fédérale Viola Amherd. Les termes tels que "débâcle", "amateurisme" et "mensonge" ont été largement employés pour qualifier les erreurs de gestion relevées. La commission de gestion du Conseil national a révélé qu'aucun prix fixe n'avait été établi avec les États-Unis, contredisant ainsi les affirmations des responsables du programme d'achat.
Un budget en déséquilibre
Le Conseil fédéral avait initialement prévu d'acquérir 36 appareils pour un montant de six milliards de francs, validé par le peuple en 2020. Cependant, ce nombre a été réduit à 30 en raison d'une augmentation des coûts. Ce revirement soulève des questions sur la gestion budgétaire et la transparence autour de ce projet militaire majeur.
Réactions politiques
Le gouvernement s'apprête à examiner le rapport et devrait réagir officiellement d'ici la mi-décembre, conformément au délai fixé par la Commission de gestion. Viola Amherd, quant à elle, est restée silencieuse face à ces accusations. Actuellement, seul Le Centre se montre solidaire de son ancienne ministre, tandis que les autres partis critiquent ouvertement sa gestion.
Des voix pour une commission d'enquête parlementaire
Les Vert-e-s, depuis longtemps opposés à l'achat de l'avion américain, envisagent de demander la création d'une commission d'enquête parlementaire. Ce type d'entité, si elle est constituée, disposerait de pouvoirs d'investigation significatifs. Clarence Chollet, conseillère nationale verte de Neuchâtel, a déclaré qu'une telle commission définirait clairement les responsabilités dans ce "gâchis" qui risque de coûter des milliards aux contribuables suisses.
Un précédent historique
Les commissions d'enquête parlementaires sont rares. Elles n’ont été mises en place que cinq fois dans l'histoire, la dernière intervention ayant eu lieu après la chute de Credit Suisse. Le premier cas remonte à 1964 et concernait l'achat de chasseurs Mirage, qui avait également été marqué par des dépassements budgétaires.
Un débat complexe au sein du Parlement
Malgré l'ampleur des critiques, l'idée d'une commission d'enquête peine à convaincre la majorité bourgeoise. Sydney Kamerzin, conseiller national centriste, estime qu'un rapport de 100 pages fournit déjà une analyse détaillée des événements. Il considère également que cette proposition des écologistes vise à miner l'achat des F-35, révélant ainsi des tensions politiques sous-jacentes.
Le dossier F-35 reste ouvert
Les discussions autour de ce projet militaire ne sont pas près de s'éteindre. Les parlementaires devront prochainement se prononcer sur un crédit supplémentaire de près de 400 millions de francs pour l'acquisition de 30 appareils de Lockheed Martin, ajoutant une couche de complexité à ce débat déjà chargé.


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