Publié le mardi 11 août 2026 dans la rubrique Suisse
Un agent des douanes suisses renvoyé pour avoir caché son licenciement pour harcèlement sexuel
À Genève, un homme engagé par les douanes suisses a été renvoyé début 2025. Son passé l’a rattrapé : il avait dissimulé un licenciement pour harcèlement sexuel.
Un profil séduisant sur le papier
En été 2024, cet homme postule comme aspirant spécialiste auprès de l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF). Il met en avant treize années passées dans la gendarmerie française. Un parcours solide, en apparence.
Mais son dossier ne dit pas tout. Les recruteurs découvrent rapidement un passage avorté dans la police genevoise. Interrogé, le candidat évoque un « gros problème familial ». L’explication semble suffire. Il est engagé.
La vérité cachée derrière un mensonge
Quelques mois plus tard, une enquête interne change la donne. La hiérarchie exhume le véritable motif de son départ de la police genevoise. L’homme n’avait pas quitté les rangs pour raisons familiales. Il avait été licencié pour harcèlement sexuel envers plusieurs aspirantes policières, durant sa formation à Savatan.
Le mensonge est grave. Les douanes estiment que le lien de confiance est rompu. Fin 2024, la procédure de renvoi est engagée. Le licenciement tombe au début de l’année 2025.
Le droit à l’oubli invoqué en vain
L’intéressé conteste. Il saisit le Tribunal administratif fédéral (TAF). Pour lui, son droit d’être entendu a été bafoué. Il invoque aussi le droit à l’oubli, arguant d’une affaire ancienne qui ne devrait pas peser sur son avenir professionnel.
Un raisonnement que le tribunal ne suit pas. Dans un jugement récent, les juges fédéraux balayent ses arguments. Ils relèvent une volonté de dissimulation manifeste. Le passé n’a pas été oublié : il a été caché.
Un licenciement jugé légal
Le TAF donne finalement raison à l’OFDF. La dissimulation d’un tel antécédent, en rapport direct avec le poste visé, justifie la rupture. L’homme perd sa bataille judiciaire. Il ne sera ni réintégré ni indemnisé.
Cette affaire, rapportée par la « Tribune de Genève », illustre les limites du droit à l’oubli dans les métiers de la sécurité. Pour les douanes suisses, la confiance est un préalable. Elle ne pardonne pas les silences.


Laisser un commentaire
Votre commentaire sera vérifié avant sa publication.