Publié le jeudi 30 juillet 2026 dans la rubrique Toulouse
ENTRETIEN. Fibre Excellence : "Notre pays ne peut subir une énième délocalisation à l’étranger", réagit Carole Delga
Ce jeudi, le tribunal de commerce de Toulouse a accordé un nouveau sursis à l'usine de pâte à papier de Saint-Gaudens, située en Haute-Garonne. Alors que l'établissement est en liquidation, l'activité pourra se poursuivre jusqu'au 15 septembre. À cette date, le tribunal décidera si l'offre de reprise présentée par le groupe Soprema, soutenue par la Région et le Département, sera validée. Carole Delga, présidente du conseil régional d'Occitanie, a partagé son point de vue sur cette situation, qu'elle suit de près.
Un nouvel espoir pour l'usine
La décision du tribunal donne un nouvel élan pour l'usine de Saint-Gaudens. Carole Delga exprime sa conviction qu'il est encore possible de produire de la pâte à papier en France et de préserver la souveraineté industrielle du pays. Elle souligne qu'il est inacceptable de voir l'industrie française se délocaliser à l'étranger alors que la France importe chaque année pour 1 milliard d'euros de pâte à papier. Pour elle, cette situation est désastreuse pour l'emploi local, la balance commerciale et l'empreinte carbone.
Delga se dit optimiste pour les salariés de l'usine, mentionnant des discussions récentes avec Soprema qui ont permis d'obtenir un délai supplémentaire jusqu'au 24 août. Elle reconnaît que ce délai est court, surtout en plein été, mais assure que les équipes travaillent intensément pour transformer cet espoir en réalité.
Le rôle de l'État et de la Région
Depuis plusieurs mois, Carole Delga et son équipe sont en contact avec le gouvernement pour obtenir des garanties sur la reprise de l'usine. Elle a récemment échangé avec le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, et insiste sur l'importance d'un engagement fort de l'État. Selon elle, celui-ci doit jouer un rôle clé en tant que stratège industriel pour prouver que la réindustrialisation des territoires est une priorité.
Les actions de la Région Occitanie
La Région Occitanie a agi rapidement face aux difficultés rencontrées par l'usine cet hiver. Elle a contacté divers industriels et acteurs économiques, ce qui a conduit au dépôt de deux offres de reprise : la première, par le groupe Combat Holding, a été rejetée, tandis que la seconde, émanant de Soprema, a été acceptée. Carole Delga assure que la mobilisation ne s'arrête pas là et que des efforts continus sont déployés pour attirer d'autres entreprises du secteur et divers investisseurs.
Un message aux salariés
Delga se veut rassurante envers les salariés, leur témoignant son admiration pour leur courage dans ce combat difficile, malgré la mise à l’arrêt de leur activité. Elle souligne la mobilisation constante des employés pour préserver leurs emplois et l'avenir industriel de leur région. Sa pensée se tourne également vers les salariés de Tarascon, pour lesquels elle promet un soutien indéfectible.
Accompagnement des investissements futurs
Si l'offre de reprise est confirmée en septembre, la Région se dit prête à mobiliser 10 millions d'euros pour accompagner les investissements nécessaires. Ce budget comprend 6 millions d'euros issus de son fonds souverain et 4 millions d'euros en avance remboursable. Delga considère que la puissance publique doit jouer son rôle pour attirer de nouveaux industriels et garantir la pérennité de l'usine, qui est la dernière de son genre en France. Elle reste déterminée à ne rien lâcher pour l'avenir de la région et du pays.


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