Publié le dimanche 19 juillet 2026 dans la rubrique Toulouse
Hommage poignant aux Justes et lutte contre l'antisémitisme à Toulouse
Ce dimanche 19 juillet, sur l'esplanade Alain-Savary à Toulouse, quelques dizaines de personnes se sont rassemblées devant le Monument à la gloire de la Résistance. La cérémonie annuelle de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France s'y tenait, sous un soleil dominical.
Un discours sous le signe de l'inquiétude
Jean-Luc Halimi, vice-président du CRIF Toulouse-Occitanie, a pris la parole le premier. Son discours a mêlé colère et vigilance. Il a dénoncé des leçons de l'Histoire « ignorées et piétinées au nom de la haine des Juifs ». Un constat amer, appuyé par des chiffres précis.
Halimi a rappelé le sort des Juifs de la région : 3 500 d'entre eux furent déportés entre 1942 et 1944. Par contraste, grâce à l'humanité et au courage de certains, près des trois quarts des Juifs de France ont survécu. En région Toulouse-Midi-Pyrénées, 399 personnes ont reçu le titre de Juste parmi les Nations, décerné par l'Institut Yad Vashem.
Le ton est monté quand il a abordé l'actualité. « Où est passée la promesse du fameux "Plus jamais ça" ? », a-t-il lancé. 84 ans après la Rafle du Vel’d’Hiv’, la France connaît une explosion des actes antisémites depuis le 7 octobre 2023. En 2025, 1 320 actes ont été officiellement enregistrés. Soit plus de trois agressions par jour contre une communauté qui représente moins de 1 % de la population nationale, mais 53 % des faits antireligieux recensés.
Halimi n'a pas épargné la classe politique. Il a pointé « des liens de plus en plus évidents de convergence et de solidarité noués dans la fange de la haine des Juifs » entre extrême-droite et extrême-gauche. Et il a conclu en citant l'historien résistant Jean-Pierre Vernant : « Nous ne devons pas seulement nous souvenir du mal commis, mais de la facilité avec laquelle il a été accepté. La vigilance est le prix de la liberté. »
L’émotion d’un fils de Juste
Après ce discours vibrant, une autre émotion a gagné l'assistance. Christian Escafre a témoigné. Il est le fils de René Escafre, un gendarme fait Juste parmi les Nations. Son père avait désobéi aux ordres de sa hiérarchie de l'époque. Sa devise était simple : « Rien ne justifie de tuer quelqu'un. » Un rappel poignant que l'humanité peut surgir là où on ne l'attend pas.
Hommage aux 83 Justes de Haute-Garonne
La cérémonie a aussi permis de réentendre les noms des 83 Justes honorés en Haute-Garonne. Un défilé de mémoires, pour ne jamais oublier ceux qui, au péril de leur vie, ont sauvé des Juifs.
Le message officiel
David Foltz, sous-préfet de Toulouse, a lu le message de Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants. Un texte sobre, qui a clos la cérémonie sur une note de devoir et de vigilance.
Quelques fidèles au devoir d’Histoire – pas assez, ont murmuré plusieurs participants – sont repartis avec la même conviction : la liberté ne se défend pas les yeux fermés.


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