Publié le lundi 07 septembre 2026 dans la rubrique Toulouse
Mobilisation des buralistes à Muret : un appel à la survie de leur métier
Ce lundi 7 septembre, Muret, au sud de Toulouse, s'est transformée en point de ralliement pour près de 400 buralistes en colère. Ils ont afflué par bus depuis des départements tels que le Périgord, la Gironde ou l’Aveyron pour lancer une mobilisation nationale dénonçant l'augmentation des taxes sur le tabac. Les pancartes brandies par les manifestants clamaient : "Taxer nuit gravement à la survie de votre buraliste".
Une situation préoccupante
Frédéric Pailhé, président de la Fédération départementale et régionale, a souligné la situation alarmante des buralistes, notamment en Haute-Garonne, où 107 d'entre eux ont disparu en vingt ans. Les commerçants pointent du doigt l'envolée des prix du paquet de cigarettes, qui atteint 13 € en France contre seulement 6 € en Espagne. Ils réclament une révision des politiques fiscales jugées insoutenables. "Nous ne contestons pas la nécessité d'une politique de santé publique, mais les taxes qui poussent nos clients vers le marché parallèle", a-t-il déclaré.
Des pertes alarmantes
L'impact des hausses de prix se fait durement sentir. Un buraliste de Seysses a rapporté une chute de 30 % du volume de ventes depuis le début de sa carrière, avec une perte de 115 paquets par jour, soit 4 200 cartouches par an. Un autre professionnel de l'Aveyron a insisté sur les contraintes financières qui pèsent sur la profession, affirmant qu'il est essentiel de diversifier les activités pour survivre, mais que cela nécessite des moyens financiers et des espaces adaptés.
La montée de la contrebande
La contrebande de tabac représente une menace grandissante. Jean-Marc Pascolini, buraliste à Mauvezin depuis 1996, a alerté sur le fait qu'un paquet sur deux vendu provient de ce marché parallèle. "Mon chiffre d'affaires baisse de 4 à 5 % chaque mois, tandis que le trafic augmente d'autant", a-t-il constaté avec inquiétude. À Carbonne, une jeune buraliste et sa mère ont aussi exprimé leur désarroi, notant que certains clients préfèrent parcourir une heure de route pour acheter du tabac en Espagne.
Des efforts pour s'adapter
Face à cette crise, les buralistes ont tenté de diversifier leurs offres. Vente de services postaux, de relais colis, de vêtements ou même de CBD, les enseignes se transforment pour rester à flot. Pourtant, Frédéric Pailhé rappelle que malgré ces efforts, le cœur du métier reste la vente de tabac. Des buralistes venus de Lozère et des Pyrénées-Orientales ont insisté sur l'importance de maintenir un maillage des territoires ruraux. La fermeture d'un bureau de tabac peut entraîner la disparition du dernier commerce du village, et avec lui, le lien social.
Un appel au gouvernement
Les buralistes, unis dans leur revendication, ont l'intention de faire entendre leur voix auprès du gouvernement. Serdar Kaya, président national de la Confédération des buralistes, a exposé les demandes de la profession : un moratoire sur le prix du tabac et l'arrêt de son indexation automatique sur l'inflation. Ce rassemblement à Muret précède une nouvelle manifestation prévue à Vernon, dans l’Eure, où le Premier ministre Sébastien Lecornu est attendu. Les buralistes souhaitent avant tout "vivre de leur métier", un appel qui résonne avec force dans cette mobilisation.


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