Publié le jeudi 28 mai 2026 dans la rubrique Toulouse
Procès d'un guet-apens violent à Toulouse : un homme ciblé par vingt-deux balles dans le cadre d'une guerre des clans
Un léger bourdonnement s’installe dans la cour d'assises de la Haute-Garonne, à Toulouse, ce mercredi 27 mai. Les ventilateurs, installés pour atténuer la chaleur accablante de la salle, rappellent les conditions sous lesquelles les faits sur le banc des accusés ont eu lieu. En effet, dans la nuit du 25 au 26 juillet 2022, la chaleur étouffante de l'été cède la place à un épisode dramatique.
La tentative d'escroquerie qui a viré au drame
Sofiane, pensant réaliser une opération juteuse, avait été contacté par Samia pour un coup de fausse monnaie. Aux alentours de 1h du matin, il se rend au point de rendez-vous fixé rue de l'Isère, près du château de l’Hers. Cependant, à son arrivée, sa Mercedes Classe A se fait criblée de vingt-deux balles tirées d’armes automatiques. Par miracle, il parvient à s'en sortir, mais le choc et la peur demeurent implantés dans sa mémoire.
Le procès des auteurs présumés
Près de deux ans plus tard, un procès est ouvert. Quatre hommes et une femme sont jugés pour cette attaque, mais le climat est tendu. Sofiane, la victime, n’assiste pas aux débats. Sa présence aurait pu apporter un éclairage différent sur cette affaire, mais il a choisi de ne pas se retrouver face à ceux qui ont failli mettre fin à ses jours.
Une guerre des clans violente
Les événements s'inscrivent dans un contexte de guerre entre clans pour le contrôle d'un point de deal dans le quartier de Bourbaki, célèbre pour sa lucrative activité de vente de stupéfiants. L’été 2022 voit une intensification des rivalités, avec de nombreuses confrontations violentes sur ce territoire. La lutte pour le contrôle d’un marché lucratif se transforme en une spirale de violence, où chacun cherche à affirmer sa domination.
Les obstacles à la vérité judiciaire
Le déroulement du procès est semé d'embûches. La fuite de deux accusés, des témoins réticents à comparaître par peur, et le silence des prévenus rendent les débats complexes. Face à la présidente de la cour, Valérie Noël, un accusé avoue être sous pression : "C’est des mecs, à tout moment, ils peuvent nous éteindre." Ce témoignage souligne une réalité troublante, celle de la peur omniprésente qui entoure le milieu criminel.
Les enjeux du procès
La défense peine à établir une implication claire des accusés dans l'attaque. En particulier, Samia, accusée d'avoir orchestré le guet-apens via Snapchat, nie toute connaissance de l’intention meurtrière. Son rôle reste flou, et les doutes sur sa culpabilité pourraient perturber l’accusation.
Les dernières plaidoiries
Les avocats des parties civiles, Mes Aimé Diaka et Laurie Castanet, se préparent à défendre les intérêts des victimes. Ils seront suivis par l'avocat général, Cyril Padilla, qui présentera son réquisitoire. Les plaidoiries des avocats de la défense, parmi lesquels Mes Sarah Nabet-Claverie et Pierre Dunac, s'enchaîneront ensuite. Le verdict de cette cour d'assises spéciale, qui ne compte que des magistrats professionnels, est attendu avec impatience. Selon les rumeurs, le jugement pourrait tomber dans la soirée même ou, au plus tard, le lendemain.

