Publié le mardi 23 juin 2026 dans la rubrique Bordeaux
Indignation face à la suppression de la subvention du Planning familial de Gironde
Le Planning familial de Gironde a convoqué la presse ce lundi 22 juin à Bordeaux pour dénoncer la suppression brutale de sa subvention principale. L’ARS Nouvelle-Aquitaine a annoncé vendredi dernier qu’elle ne verserait plus les 160 000 euros alloués chaque année à l’association. Une décision qui a déclenché une vague d’indignation et une pétition ayant déjà récolté plus de 50 000 signatures en trois jours.
Une subvention historique de 160 000 euros supprimée
Le montant que l’Agence régionale de santé versait au Planning familial 33 depuis des années ne sera pas reconduit en 2026. L’année est déjà bien avancée. Pour la structure, c’est un coup dur : cette subvention représentait près de 32 % de son budget total. Annie Carraretto, présidente du Planning familial Gironde, ne décolère pas. « On ne faisait plus partie de cette politique de santé avec l’ARS au niveau départemental. Ils ont fait d’autres choix », a-t-elle lancé lors de la conférence de presse.
L’association emploie dix salariés, soit l’équivalent de 7,4 temps plein. La perte de ces 160 000 euros pourrait entraîner la suppression de quatre postes. En clair, un tiers des effectifs menacé. La direction alerte aussi sur les conséquences pour les usagers : une large partie des permanences d’accueil, des interventions de prévention et des actions menées auprès des publics les plus éloignés du système de santé – notamment en milieu rural – serait remise en cause.
L’ARS avait pourtant rassuré le Planning
Ce n’est pas l’absence de dialogue qui est en cause. Fin 2025, alors que l’association anticipait déjà des difficultés sur l’exercice 2024-2025, plusieurs réunions de préparation ont eu lieu avec les services départementaux de l’ARS pour construire le budget 2026. Annie Carraretto raconte : « On nous a précisé que le Planning était un partenaire historique et incontournable en politique de santé sexuelle sur le département, qu’il n’y avait aucun souci avec notre subvention et qu’on l’aurait en 2026. »
La confiance était donc là. D’où la stupeur lorsque l’annonce est tombée vendredi dernier. La présidente dénonce un revirement brutal, sans explication préalable. L’ARS, elle, n’a pas encore commenté publiquement les raisons de ce désengagement.
Une pétition qui monte vite
La mobilisation ne s’est pas fait attendre. Lancée dans la foulée de l’annonce, une pétition en ligne a rassemblé plus de 50 000 signatures en trois jours. Un chiffre qui témoigne de l’attachement des Girondins à cette structure de santé sexuelle et de prévention. Le Planning familial de Gironde, ce sont des permanences d’accueil, des consultations, des interventions en milieu scolaire et des actions de terrain auprès des publics isolés. Sans cette subvention, l’association estime que tout cela pourrait être sérieusement amputé.
Reste à savoir si l’ARS reviendra sur sa décision. En attendant, les salariés et les bénévoles du Planning comptent sur la pression citoyenne pour obtenir un réexamen. Annie Carraretto ne cache pas son amertume. Mais elle garde un espoir : celui que la puissance de la mobilisation fasse bouger les lignes.


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