Publié le samedi 20 juin 2026 dans la rubrique Bordeaux
Le Planning familial de la Gironde en danger : un appel à l'aide
Le Planning familial de la Gironde, une association phare dans le domaine de la prévention et de l'accompagnement des victimes de violences sexistes et sexuelles, se trouve au bord de la fermeture. L’Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine a décidé de supprimer une subvention annuelle de 160 000 euros, représentant 32 % des ressources de l’association. Cette décision a été annoncée dans un communiqué le 19 juin et pourrait entraîner la suppression de quatre postes sur un total de 7,5 équivalents temps plein.
Une décision déconcertante
Dans son communiqué, le Planning familial exprime son incompréhension face à cette décision. L’association souligne que les violences sexistes et sexuelles restent un problème majeur, et que l’État continue de promouvoir l’Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS). Pourtant, l’ARS justifie cette coupure par le manque de résultats "probants" de l’association, une justification que le Planning familial considère comme un prétexte à une politique d’austérité.
Un historique d'engagement
Depuis 60 ans, le Planning familial de la Gironde joue un rôle crucial dans les politiques publiques de prévention et de santé sexuelle. En 2025, l’association a maintenu 8 permanences fixes et 21 accueils hors les murs, accompagnant ainsi 2124 personnes et sensibilisant 972 élèves en milieu scolaire. Ces chiffres montrent l’impact significatif de ses actions.
Contradictions des discours politiques
Le Planning familial dénonce un paradoxe flagrant entre les discours des responsables politiques, tels que Gérald Darmanin et Emmanuel Macron, qui affirment le besoin de protéger les femmes et les enfants, et la réalité de la coupure de financement. L’association estime que ce choix va à l’encontre des efforts proclamés par l’État pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles.
Les enjeux des missions essentielles
Dans son communiqué, l’association met en avant plusieurs enjeux cruciaux. Face à l’augmentation des violences, à la saturation des structures d’accueil, et aux inégalités d’accès aux soins dans les territoires ruraux, le Planning familial souligne que ses actions sont plus que jamais nécessaires. L’association interroge la valeur de l’écoute des victimes et la nécessité d’une information fiable pour les jeunes sur leur vie affective et sexuelle.
Mobilisation pour le rétablissement des aides
Le Planning familial demande le rétablissement immédiat de sa subvention et appelle à une mobilisation collective. L’association sollicite le soutien des élus, des professionnels et des citoyens pour défendre l’accès aux droits et la lutte contre les violences. Un rassemblement est prévu le 25 juin devant l’ARS Nouvelle-Aquitaine pour exprimer cette exigence.
En 2024, l’ARS avait déjà tenté de réduire son aide financière au Planning familial avant de revenir sur sa décision. Ce nouvel épisode soulève des inquiétudes quant à l’avenir de l’association et à la pérennité des actions qu’elle mène en faveur des droits des femmes et des jeunes. Les conséquences de cette coupure pourraient être dramatiques pour de nombreuses personnes qui bénéficient de ses services.


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