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Publié le vendredi 03 juillet 2026 dans la rubrique Bordeaux

Mort de Quentin Ruot : ses parents assignent l'État pour "fonctionnement défectueux" de la justice

Huit ans après la mort de leur fils Quentin, les parents Ruot assignent l'État pour 'fonctionnement défectueux' de la justice. Un combat à Bordeaux.

Henri et Laurence Ruot, habitants de Talence en Gironde, ont perdu leur fils unique Quentin il y a huit ans. Ce mercredi 2 juillet, date anniversaire de sa mort, ils ont franchi une nouvelle étape dans leur combat judiciaire. Le couple assigne désormais l'État pour « fonctionnement défectueux du service public de la justice ».

Le poids du silence judiciaire

Henri Ruot n'a que ces mots à la bouche : « C'est pas possible ». Sa femme Laurence pose une main sur sa cuisse. Elle retient ses larmes. Huit ans que le couple vit sans son fils. Huit ans que le dossier de Quentin, mort noyé à 23 ans sur le plan d'eau du Teich, piétine.

L'émotion est brute. Elle n'a pas faibli avec le temps. Leur fils participait à une sortie organisée par l'IEM de Talence, l'institut d'éducation motrice. C'était en 2018. Depuis, les parents se heurtent à un mur.

Une instruction au point mort depuis trois ans

L'information judiciaire est toujours en cours. Deux éducatrices et l'IEM Talence ont été mis en examen. Mais aucune audience ne se profile. Pire : depuis près de trois ans, les parents dénoncent une instruction totalement à l'arrêt.

Pas de nouvelle date. Pas de perspective. Le vide s'installe. Les Ruot attendent que la justice avance. Elle reste figée. Ils ont perdu leur fils, et maintenant, ils perdent pied dans les méandres d'une procédure qui n'en finit pas.

L'État assigné pour fonctionnement défectueux

Les parents ont donc choisi d'attaquer l'État. Le motif : « fonctionnement défectueux du service public de la justice ». Une assignation lourde de sens. Elle vise à dénoncer les lenteurs et l'absence d'avancée significative dans ce dossier sensible.

Pour eux, ce n'est pas une question de vengeance. C'est une question de vérité. Ils veulent comprendre. Ils veulent que la justice fasse son travail. Ils ne demandent pas un procès expéditif. Ils demandent juste qu'il ait lieu.

Un combat qui n'en finit pas

Henri Ruot répète que ce n'est « pas possible ». Il a raison. Pas possible d'attendre huit ans. Pas possible de voir une instruction s'arrêter brutalement. Pas possible d'élever un enfant handicapé, de le perdre dans des circonstances tragiques, et de se heurter au silence de la justice.

Le couple reste droit. Laurence pose sa main sur la cuisse de son mari. Ils se serrent les coudes. Ils se battent. Pas seulement pour Quentin. Pour que d'autres parents, d'autres familles, n'aient pas à vivre ce calvaire administratif et judiciaire.

La date anniversaire de la mort de leur fils devient désormais le symbole d'une nouvelle étape. Une assignation. Une parole portée haut. Un cri qui, espèrent-ils, finira par être entendu.


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