Publié le vendredi 26 juin 2026 dans la rubrique Bordeaux
Redécouverte de Jean Dupas : l'artiste bordelais de l'Art déco
C’est une question qui taraude les amateurs d’art : comment un artiste adulé de son vivant a-t-il pu disparaître de la mémoire collective ? À Bordeaux, en Gironde, le Musée des Beaux-Arts tente d’y répondre avec une exposition majeure consacrée à Jean Dupas, peintre bordelais tombé dans l’oubli.
Un Bordelais au sommet de l’Art déco
Jean Dupas n’était pas un artiste mineur. Entre les deux guerres, il figurait parmi les peintres français les plus célèbres. Ses œuvres décoraient les salons des paquebots les plus luxueux du monde. On les retrouvait dans les pavillons des grandes expositions internationales, chez les collectionneurs fortunés, dans les pages de Vogue et de Harper’s Bazaar. Pourtant, alors que l’Art déco connaît un regain d’intérêt spectaculaire depuis plusieurs années, Dupas est resté dans l’ombre. Les amateurs connaissent René Lalique ou Tamara de Lempicka. Beaucoup ignorent que l’un des plus brillants représentants français du mouvement était bordelais.
Une rétrospective inédite au Musée des Beaux-Arts
Du 26 juin au 29 novembre 2026, le Musée des Beaux-Arts de Bordeaux présente « Jean Dupas & Co. Le Grand Art déco », la première rétrospective consacrée à cet artiste. Le titre joue sur les mots – il rime avec Art déco – et donne à voir le contexte dans lequel évoluait le peintre au début du siècle dernier. Une centaine de ses dessins et peintures sont exposés. Ils font écho aux travaux d’artistes comme Roger Bissière, Georges Dorignac, Rosa Bonheur ou Jacques-Émile Ruhlmann.
Des collectionneurs privés mobilisés
Pour réunir ces pièces, le musée a lancé un appel. Une quarantaine de collectionneurs privés ont répondu. Certaines œuvres n’avaient jamais été montrées au grand public. Les formats monumentaux de Dupas – fresques et décorations de paquebots – laissent ici la place à des pièces plus modestes : peintures, maquettes, esquisses, dessins, fragments. L’ensemble constitue un travail d’enquête scientifique passionnant, qui permet de suivre l’évolution de l’artiste bordelais.
Un parcours chronothématique
Margaux Wymbs, commissaire de l’exposition, parle d’un « parcours chronothémathique et non chronologique ». La carrière de Jean Dupas est chapitrée. On découvre ses débuts avec son maître, lui aussi bordelais, Paul Quinsac, sur des sujets allégoriques et mythologiques. Puis son séjour à la Villa Médicis en 1911, où Dupas a « synthétisé son style ». Enfin, les grands décors dorés et flamboyants des paquebots de luxe. Un itinéraire qui raconte comment un artiste adulé a sombré dans l’oubli – et comment on le redécouvre aujourd’hui.


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