Publié le mercredi 15 juillet 2026 dans la rubrique Cote d'Azur
Dix ans après l'attentat, Nice rend hommage aux victimes
Dix ans après le drame, Nice se souvient. Sur la Promenade des Anglais, dans les Alpes-Maritimes, une cérémonie d’hommage a réuni familles, rescapés et personnalités politiques. L’émotion était palpable, 86 chaises vides rappelaient l’horreur de cette nuit de fête nationale.
86 chaises vides, 43 visages d’enfants
Le symbole frappe d’emblée. 86 chaises vides, alignées face à la mer, portent chacune un nom. Ce sont ceux des victimes fauchées le 14 juillet 2016. Parmi elles, 43 enfants. Un chiffre qui serre le cœur. Un autre nombre, 43, celui des intervenants qui ont tenté de sauver des vies ce soir-là. La force de ces sauveteurs, leur bravoure, a été saluée par les prises de parole.
Stéphane Erbs, co-président de l’association « Promenades des Anges », a décrit l’indicible : « Une guerre nous est tombée dessus sans déclaration, sans uniforme, sans autre ennemi visible qu’un 19 tonnes lancé dans la nuit. » La métaphore est brutale, juste. Elle dit la violence sournoise de l’attaque.
« Chaque sourire retrouvé est une victoire »
Patrick Prigent, président de « Life for Nice », a lui aussi pris la parole. Son message portait sur la résilience. « Chaque sourire retrouvé est une victoire, a-t-il lancé. Chaque enfant qui remonte sur un char de carnaval est une victoire. Chaque victime qui retrouve le courage de marcher sur la promenade des Anglais est une victoire immense. » Des mots qui résonnent fort pour une ville qui a dû réapprendre à vivre.
Ces associations accompagnent les rescapés depuis dix ans. Leur travail de mémoire est essentiel. Elles rappellent que la vie continue, malgré les cicatrices.
Le président face aux douleurs administratives
Emmanuel Macron était présent. Il n’était pas chef de l’État au moment de l’attentat. Devant les familles, il a reconnu des « lenteurs administratives douloureuses ». Un aveu rare. Il a ensuite renouvelé son soutien : « Je vous avais dit que nous oublierions le nom du terroriste, mais que nous apprendrions par cœur le nom de nos morts. Je vous avais dit que vos morts étaient devenus nos morts et que l’État ne vous abandonnerait jamais. »
La promesse est solennelle. Elle cherche à panser des plaies encore ouvertes. Beaucoup attendent toujours des réponses, des indemnisations, une reconnaissance.
La Promenade transformée, un souvenir indélébile
Les Niçois, eux, n’oublient pas. « Il s’est passé des choses horribles ici, pour une date qui, à la base, est censée être heureuse. Ça me touche », confie un habitant. Un autre observe les changements physiques du lieu : « Avant, il n’y avait pas tous ces poteaux, pas toutes ces protections. […] On ne va pas dire qu’elle a été défigurée, mais au final tout a été transformé par rapport à ces attentats qui ont laissé une trace indélébile. »
La Promenade est bardée de blocs de béton, de barrières. L’air y est moins léger. La Patrouille de France a dispersé un peu de couleurs dans le ciel. Un instant fugace, mais bienvenu.
Dans la foule, des rescapés portent encore les stigmates physiques ou psychologiques. Ils étaient là, debout, dix ans après.
Une unité politique de façade
La cérémonie a aussi réuni les anciens présidents François Hollande - chef de l’État lors de l’attentat - et Nicolas Sarkozy. Marine Le Pen et Jordan Bardella étaient également invités par le maire de Nice, Éric Ciotti. Une présence politique large, presque inhabituelle. Mais derrière les poignées de main, chacun sait que les blessures restent vives.
Dix ans après, le temps n’a pas tout effacé. Il a juste rendu le poids du souvenir plus lourd à porter.


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