Publié le vendredi 15 mai 2026 dans la rubrique Cote d'Azur
Transfert des cétacés de Marineland : des solutions temporaires, selon un cétologue
Marineland, situé à Antibes dans les Alpes-Maritimes, est sur le point de transférer deux orques et douze dauphins vers des installations en Espagne. Ce mouvement, qui doit s’effectuer avant la fin du mois de juin, suscite des interrogations quant à l’avenir des cétacés. Eric Demay, cétologue et fondateur de l'ONG Tursiops, souligne que cette décision ne résout pas les problèmes sous-jacents de la captivité des animaux marins.
Un départ imminent
Wikie, orque de 24 ans, et son petit Keijo, âgé de 12 ans, seront transportés par avion-cargo vers le Loro Parque de Tenerife, aux Canaries. Les douze dauphins, quant à eux, seront répartis entre des parcs situés à Valence et à Malaga. Eric Demay confie que, même si le transfert vers l'Espagne semble préférable à un envoi vers des pays comme la Russie ou la Chine, cela reste une solution temporaire. "Ça fait mal au cœur", déclare-t-il, ajoutant qu'il préfère "les voir en Espagne" plutôt que dans des installations moins éthiques. Il espère de tout cœur que les deux orques ne seront pas séparées durant le transport.
Des conditions de vie préoccupantes
Les conditions de vie dans les bassins de Marineland, notamment pour les orques, se détériorent rapidement. Depuis deux ans, le zoo demande l'autorisation de transférer ses animaux en raison des conditions d'hébergement. Cependant, le gouvernement français a longtemps refusé cette demande, insistant sur des solutions plus respectueuses des lois sur le bien-être animal de 2021, lesquelles prohibent les spectacles et la captivité des cétacés. Eric Demay déplore cette situation, pointant du doigt l'absence de sanctuaires marins de semi-liberté en France. "C'est compliqué à gérer et cela coûte cher", explique-t-il.
Une impasse persistante
La problématique demeure alors : comment garantir une vie décente aux cétacés captifs ? Eric Demay affirme qu'aucune solution satisfaisante n’a été trouvée jusqu’à présent. "On n’a pas la solution encore, on n’a même pas un début de solution", ajoute-t-il, soulignant l'urgence de réfléchir à des alternatives. La situation de Marineland est symptomatique d'une crise plus large touchant le bien-être animal dans les zoos et aquariums. Le transfert des orques et des dauphins vers des installations étrangères ne constitue pas un véritable progrès, mais plutôt un déplacement du problème qu'il faut résoudre d'urgence.

