Publication le 25 juin 2026 · Mis à jour le samedi 27 juin 2026 dans la rubrique Grenoble
Fin définitive du burkini dans les piscines de Grenoble suite à une décision du tribunal administratif
Une annulation qui enterre définitivement le burkini dans les piscines de Grenoble
Le feuilleton judiciaire autour du burkini aux bassins grenoblois s’achève. Le tribunal administratif de Grenoble a tranché ce jeudi 25 juin : l’article 10 du règlement intérieur des piscines municipales, qui ouvrait la porte à ce vêtement de bain couvrant, est annulé. La décision intervient après une audience sur le fond tenue le 10 juin. Elle répond à une requête déposée par l’élue d’opposition Brigitte Boer.
Adopté en mai 2022 à une courte majorité au conseil municipal, cet article avait depuis été modifié. Il précisait que « les tenues non prévues pour un strict usage de la baignade (short, bermuda, sous-vêtements, etc.), les tenues non près du corps plus longues que la mi-cuisse (robe ou tunique longue, large ou…) » étaient interdites – une rédaction qui, en pratique, laissait la possibilité de porter un burkini. Le Conseil d’État avait déjà suspendu l’article avant ce jugement définitif sur le fond.
Un long bras de fer juridique et politique
Le sujet n’a cessé de diviser la ville depuis 2022. La mesure avait été défendue par la majorité municipale comme un geste d’inclusion, permettant à toutes les femmes, quelle que soit leur tenue, d’accéder aux piscines publiques. L’opposition, portée par Brigitte Boer, y voyait une violation du principe de laïcité et de neutralité des services publics.
Le tribunal administratif a suivi cette dernière ligne. Dans son jugement, il estime que l’article méconnaît les obligations de sécurité et d’hygiène, mais aussi qu’il ne garantit pas la neutralité du service public. La décision est définitive sur le fond : aucun recours en cassation n’est possible, même si la ville pourrait modifier son règlement.
De son côté, la municipalité a réagi avec mesure. Elle souligne que cette annulation n’a « pas d’impact » concret, puisque l’article avait déjà été modifié entre-temps et que le Conseil d’État avait suspendu son application. Les maillots de bain couvrants ne sont donc plus autorisés dans les piscines grenobloises depuis plusieurs mois déjà.
Les réactions politiques : l’opposition jubile, la majorité esquive
Côté opposition, droite et centre, c’est l’apaisement et la satisfaction. On se félicite de la confirmation de l’interdiction du burkini par la justice. L’élue à l’origine de la requête, Brigitte Boer, voit dans ce jugement une victoire pour la laïcité et le respect des règles applicables aux établissements publics.
Les voix de la droite et du centre renforcent ce sentiment. Pour eux, la décision met fin à une période de flou juridique et politique. Ils estiment que la majorité municipale a tenté d’imposer une mesure contraire aux valeurs républicaines, et que la justice a remis les pendules à l’heure.
La majorité, elle, n’a pas officiellement commenté la décision au-delà du constat technique sur l’absence d’impact concret. Mais le sujet reste brûlant : le débat sur le port du burkini dans les piscines dépasse largement Grenoble. Plusieurs villes françaises ont connu des contentieux similaires, et la question de l’adaptation des règles de la baignade publique à la diversité des pratiques religieuses ou culturelles n’est pas éteinte.
Et maintenant ? Les nageurs grenoblois face à un cadre clarifié
Pour les usagers des piscines municipales, la situation est désormais limpide : le burkini n’est pas autorisé. Le règlement intérieur actuel, qui avait été modifié après la suspension du Conseil d’État, interdit les tenues longues et amples non près du corps. Les maillots de bain classiques, les shorts de bain et les bermudas restent prohibés s’ils dépassent la mi-cuisse – une règle qui vise à garantir l’hygiène et la sécurité dans les bassins.
La mairie n’a pas annoncé de nouvelle modification du règlement. Elle pourrait choisir de ne pas revenir sur le sujet, laissant la décision judiciaire mettre un point final au débat. Mais rien n’exclut une nouvelle tentative politique, si la majorité municipale décide de porter le dossier sur un autre terrain – par exemple en modifiant le règlement pour autoriser explicitement le burkini, quitte à encaisser un nouveau recours.
En attendant, les associations et les citoyens qui défendent le port du burkini se retrouvent sans base légale pour contester l’interdiction. Le tribunal administratif a validé la position des opposants : la laïcité et la sécurité l’emportent sur la liberté vestimentaire individuelle dans l’enceinte des piscines publiques.
Le feuilleton juridique est clos, mais le sujet politique, lui, reste ouvert. Grenoble, ville réputée pour ses expérimentations sociales et son progressisme, devra composer avec une décision qui contredit l’orientation de sa majorité. Les prochaines échéances électorales pourraient raviver les divisions.


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