Publié le mardi 07 juillet 2026 dans la rubrique Lyon
L'Issep quitte Lyon pour Paris : Entre enjeux financiers et liens avec l'extrême droite
C’est un tournant significatif pour Lyon (Rhône). L’Issep, l’institut politique fondé par Marion Maréchal-Le Pen, quitte la ville pour s’installer à Paris. Dans un communiqué, l’établissement a justifié ce déménagement par la volonté de « développer et renforcer [ses] partenariats et d’élargir [ses] missions », selon des informations relayées par Le Progrès.
Des questions financières persistantes
Le départ de l’Issep soulève des interrogations quant à sa santé financière. D’après un audit publié par Le Monde en 2022, l’établissement a été qualifié de « fiasco financier ». Un rapport d’un cabinet de conseil révélait que certains membres du personnel ne percevaient pas de rémunération, tandis que 2 385 heures de travail en 2021 étaient considérées comme des « bénévolats ». L’institut dépend largement de dons, notamment de la part d’entrepreneurs aux positions politiques réactionnaires.
Une connexion étroite avec le Rassemblement national
Depuis son établissement à Lyon, l’Issep a tissé des liens serrés avec plusieurs figures locales du Rassemblement national (RN). Thibault Monnier, l’un des cofondateurs, a été cadre du parti lepéniste avant de rejoindre Reconquête, le mouvement d’Éric Zemmour. Élu député en 2024 sous l’étiquette RN dans la Drôme, il témoigne de l’influence du RN au sein de l’école. Victoria Pourcher, actuelle directrice de l’Issep, a également été élue municipale dans le 8e arrondissement de Lyon sous l’étiquette Front national jusqu’en 2017.
Des personnalités marquantes de l’extrême droite
Parmi les figures notables ayant gravit autour de l’Issep, Antoine Melliès se distingue. Ancien conseiller régional (RN) en Auvergne-Rhône-Alpes, il a été en charge des relations presse de l’institut lors de son ouverture et est actuellement collaborateur parlementaire de Thibault Monnier. Agnès Marion, autre figure de l’extrême droite locale, aurait également fourni un soutien logistique à l’école par le biais de son entreprise d’imprimerie. Elle est aujourd’hui élue municipale à Saint-Genis-Laval.
Des parrains influents
Des personnalités bien connues dans le milieu de l’extrême droite locale comme Patrick Louis, ancien conseiller régional et candidat aux élections législatives de 2024, se sont également associées à l’Issep. Ce dernier préside le conseil scientifique de l’école. L’universitaire Bruno Gollnisch, proche de Jean-Marie Le Pen et enseignant à Lyon-III, figure également parmi les soutiens de l’institut.
Un hub pour l’extrême droite intellectuelle
Durant ses huit années d’existence à Lyon, l’Issep a fonctionné comme un véritable « hub » pour les idées d’extrême droite. Depuis 2018, l’institut a multiplié la venue d’intervenants aux positions variées, allant des anti-immigration aux complotistes. Cette activité a attiré l’attention des militants antifascistes, qui ont dénoncé la programmation de ces intervenants.
Les manifestations et controverses
En été 2024, une rencontre avec la militante transphobe Marguerite Stern a suscité des manifestations devant l’établissement. De plus, l’Issep a servi de point de ralliement pour plusieurs groupuscules d’extrême droite. En mars dernier, le syndicat La Cocarde a organisé une conférence avec Fabrice Leggeri, ancien responsable de Frontex, élu député européen sur les listes du RN. Ce même mois, une enquête a été ouverte contre lui pour complicité de crime contre l’humanité.


Laisser un commentaire
Votre commentaire sera vérifié avant sa publication.