Publié le lundi 15 juin 2026 dans la rubrique Marseille
Blanchiment d'argent : 2,7 millions d'euros saisis, cinq personnes mises en examen à Marseille
Marseille. Cinq personnes ont été mises en examen le 12 juin dans une affaire de blanchiment d’argent en bande organisée. Le parquet de Marseille l’a annoncé le lundi 15 juin dans un communiqué. Les suspects sont poursuivis pour blanchiment en bande organisée, abus de biens sociaux et recel d’abus de biens sociaux. Deux d’entre eux pourraient être placés en détention provisoire : le parquet a fait appel de leur contrôle judiciaire.
Des perquisitions et des saisies record
Le 9 juin dernier, une opération de police a été menée. Les enquêteurs ont saisi près de 2,7 millions d’euros en liquide et sur comptes. Mais aussi 14 véhicules haut de gamme, un bateau, de l’or et des bijoux. Un butin qui donne la mesure du trafic présumé.
Les investigations ont mobilisé les gendarmes de la section de recherches de Montpellier. Ils ont été appuyés par les groupements de l’Hérault, de l’Aude et des Pyrénées-Orientales. L’ampleur des saisies témoigne d’un système rodé.
Des sociétés de BTP dans le viseur
Selon le parquet, plusieurs sociétés du secteur du bâtiment et des travaux publics sont ciblées. Elles sont implantées à Perpignan, Narbonne et Béziers. Ces entreprises, précise le parquet, disposent d’une activité économique réelle. Elles génèrent un chiffre d’affaires conséquent. Mais elles sont aussi connectées à des sociétés fictives.
C’est ce double réseau qui a attiré l’attention des gendarmes. Les sociétés écrans servaient de passage pour des fonds d’origine frauduleuse. Le parquet cite pêle-mêle le trafic de stupéfiants, le travail dissimulé et le trafic de véhicules. L’argent sale transitaient par ces structures sans réelle activité.
Un montage financier complexe
Les enquêteurs ont reconstitué le mécanisme. Des fausses factures étaient émises. Des virements étaient réalisés sans aucune prestation réelle. L’objectif : masquer l’origine et la destination des fonds. L’argent était ensuite redistribué vers d’autres comptes, à l’abri des regards.
Ce système permettait de blanchir des sommes importantes. Les fonds une fois nettoyés étaient réinvestis dans l’acquisition de biens immobiliers et mobiliers. Ou bien transférés à l’étranger. Les saisies de bateau et de véhicules de luxe illustrent ce train de vie.
Un appel à la détention pour deux suspects
Le parquet de Marseille ne s’est pas contenté du contrôle judiciaire. Il a fait appel pour deux des mis en examen. Il demande leur placement en détention provisoire. Les motifs exacts n’ont pas été communiqués. Mais dans ce type de dossier, la crainte de fuite ou de poursuite d’activités délictuelles est souvent invoquée.
L’enquête se poursuit. Les gendarmes continuent d’analyser les flux financiers et les liens entre les sociétés. Le préjudice total pourrait être revu à la hausse. En attendant, les cinq suspects restent sous contrôle judiciaire strict, avec interdiction probable de quitter le territoire ou de gérer des sociétés.

