Publié le samedi 24 octobre 2026 dans la rubrique Marseille
"La Gradiva", un premier film bouleversant et impressionnant de maîtrise
La Gradiva, premier long-métrage de Marine Atlan, transporte le spectateur au cœur d'un voyage scolaire à Naples, où un groupe de lycéens français, guidés par leur enseignante Madame Mercier (interprétée par Antonia Buresi), découvre les ruines de Pompéi. Ce choix de décor, mêlant splendeur et désordre, incarne parfaitement une dualité qui résonne avec la jeunesse d'aujourd'hui.
Une jeunesse en quête d'identité
Le film se concentre sur trois adolescents : Toni, James et Suzanne. Toni, en particulier, est animé par le désir de retrouver les traces de sa grand-mère italienne tout en explorant sa sexualité à travers des rencontres avec des hommes locaux via une application. Cette quête d'identité et d'appartenance est omniprésente, reflétant les préoccupations contemporaines des jeunes. Les paysages de Naples, entre beauté intemporelle et chaos, servent de toile de fond à cette exploration personnelle.
Une réalisation maîtrisée
Marine Atlan, avec son expérience de cheffe opératrice, signe une œuvre techniquement aboutie. Le film mélange des images qui semblent parfois amateur avec des plans de paysages captivants et des ambiances nocturnes. Cette approche visuelle donne une dimension authentique à l'histoire, favorisant l'immersion du spectateur dans l'univers des protagonistes.
Entre rires et larmes
La Gradiva réussit à capturer un moment charnière de la jeunesse, oscillant entre amusement et mélancolie. Les séquences comiques contrastent avec des passages plus sombres, illustrant la fragilité des personnages face aux défis de l'âge adulte. Cette dualité est bien rendue, permettant au public de s'identifier aux luttes et aux joies des jeunes héros.
Un retour à Marseille avec Guédiguian
Dans un autre registre, Robert Guédiguian revient à Marseille avec "Une femme aujourd'hui", ancré dans le quartier de la Joliette. Le film aborde des thèmes tels que la mobilité sociale à travers le personnage de Juliette (Marilou Aussilloux), une jeune femme issue d'un milieu modeste travaillant dans la finance. La tension entre son ascension sociale et la loyauté envers ses origines est palpable.
Les complexités des relations familiales
La relation entre Juliette et sa mère (Ariane Ascaride) est au cœur du récit. La mère voit d'un mauvais œil la réussite de sa fille, craignant qu'elle ne s'éloigne de ses racines. Cette dynamique met en lumière la complexité des relations familiales, exacerbée par des révélations douloureuses sur le passé familial. Guédiguian aborde ces problématiques avec finesse, même si certains éléments du récit peuvent sembler trop rapides ou chargés.
Une palette de thèmes riches
Le film aborde une multitude de thèmes, de la trahison des origines à la violence, en passant par la lutte pour l'égalité sociale. Bien que certaines questions soient traitées rapidement, le plaisir de retrouver la "bande à Robert" est indéniable. Jean-Pierre Daroussin, en pied-noir, illustre parfaitement cette ambivalence, passant d'un personnage attachant à un individu repoussant au fil de l'histoire.


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