Publié le dimanche 24 mai 2026 dans la rubrique Montpellier
Anouk Faure, lauréate du Grand Prix de l’Imaginaire 2026, explore la nature de Nouvelle-Calédonie dans son œuvre Aatea
Dans un entretien captivant, Anouk Faure, la lauréate du Grand Prix de l’Imaginaire 2026, partage son parcours atypique en tant qu’autrice de science-fiction originaire de Nouvelle-Calédonie. Elle revient sur son ouvrage Aatea, qui a su conquérir le cœur des lecteurs et des critiques.
Un succès inattendu
Lorsqu'on lui demande si elle avait anticipé le succès de son roman Aatea, Anouk Faure avoue qu'elle n'attendait pas une telle reconnaissance. Le processus d'écriture a été long, jonché de doutes et de révisions. Malgré son anxiété face à ce changement de style, elle tire une profonde satisfaction de son exploration personnelle. Les retours chaleureux du public et des professionnels de la littérature la touchent particulièrement, d'autant plus qu'elle débute à peine sa carrière d'autrice.
Parcours d'une illustratrice
Avant de se lancer dans l'écriture, Anouk a exercé longtemps comme illustratrice, réalisant des couvertures de livres de fantasy et de science-fiction. Son activité artistique reste désormais équilibrée entre l'illustration et l'écriture. Lorsqu'elle crée ses récits, elle ne pense pas immédiatement à les illustrer. Les images surviennent après le texte, cherchant à enrichir l'expérience du lecteur plutôt qu'à redonder les mots. Son imagination visuelle contribue à apporter une atmosphère unique à son travail.
L'empreinte de la Nouvelle-Calédonie
Les racines familiales d'Anouk en Nouvelle-Calédonie nourrissent son inspiration. Ses grands-parents, des réfugiés d’Algérie et des nomades professionnels, ont façonné son enfance sur cette terre d'émerveillement naturel. La nature somptueuse qui entoure les paysages de l'île, entre mer et montagne, a véritablement sculpté son imaginaire, culminant dans l'écriture de Aatea. Le sentiment de nostalgie pour son pays d'origine, maintenant qu'elle vit en métropole, alimente également son œuvre.
Un héritage culturel riche
La passion des mythologies lui vient de sa grand-mère, professeure de lettres. Anouk a grandi en côtoyant les richesses des cultures mélanésiennes et indonésiennes. Elle évoque notamment le mythe tahitien de Taaroa, qui l'a profondément marquée. De plus, son père, collectionneur de livres de science-fiction et de fantasy, a beaucoup influencé son parcours littéraire en lui faisant découvrir des auteurs emblématiques comme Tolkien et Robert Jordan.
Des projets à venir
Actuellement, Anouk Faure se penche sur un nouveau projet : un atlas poétique des îles de l'océan Pacifique. Ce livre illustré associera une prose atmosphérique à des réalités quotidiennes de ces îles, reflétant son attachement à la nature et aux cultures qui l'entourent.
Entre crise des librairies et salons littéraires
Elle aborde également le paradoxe actuel entre la crise des librairies traditionnelles et le succès des salons littéraires. Anouk souligne que la lecture, de nos jours, va au-delà de l’achat d’un livre. Elle est aussi synonyme d'échanges entre auteurs et lecteurs, une dynamique particulièrement forte dans le milieu de la littérature d'imaginaire. Pourtant, ce réseau passionné ne suffit pas à compenser la diminution des lecteurs occasionnels, contraints de faire face à de nombreuses distractions modernes comme les séries télévisées ou les podcasts, qui monopolisent notre attention.

