Publié le samedi 25 juillet 2026 dans la rubrique Montpellier
Escroquerie aux faux plombiers près de Montpellier : une jeune femme perd 1 599,90 euros et met en garde contre ce piège bien rodé
À Juvignac, dans l'Hérault, une jeune femme de 33 ans a perdu 1 599,90 euros dans une escroquerie aux faux plombiers. Le 13 juillet, en pleine canicule, elle pensait résoudre un problème de pression d'eau. Elle est tombée dans un piège bien rodé.
Un mois de galère sans eau potable
Depuis début juillet, la propriétaire subit des coupures quotidiennes et un filet d'eau à peine suffisant pour une douche. La chaleur accable. Elle multiplie les appels à son assurance multirisque habitation. Un simple diagnostic, voilà ce qu'elle demande. Mais son assurance refuse d'intervenir : selon elle, le problème serait antérieur au contrat. La jeune femme conteste. Elle saisit la régie des eaux de Montpellier. Les agents vérifient le réseau public. Conclusion : la pression est parfaite jusqu'au compteur. Le dysfonctionnement vient de l'installation privée.
Le 10 juillet, elle passe la journée entière au téléphone. Une dizaine d'appels au moins. Chaque service la renvoie vers un autre. Elle réexplique son histoire à chaque fois. Personne ne l'écoute vraiment. "On ne parlait que d'indemnisation alors que je voulais juste un diagnostic et qu'on m'oriente vers un artisan de confiance", raconte-t-elle.
Le piège se referme sur Internet
Le lundi 13 juillet, toujours sans eau et le jour férié qui approche, elle décide de chercher elle-même un plombier bien noté sur Internet. Elle trouve une entreprise, compose le numéro fixe. Personne ne répond. Quelques instants plus tard, un homme la rappelle sur son portable. Il lui demande si elle a cherché à le joindre. Pour elle, c'est forcément le patron de l'entreprise contactée. "C'est là que je suis tombée dans le piège", confie-t-elle.
Dans la foulée, deux plombiers débarquent chez elle. L'un inspecte le compteur et la chaudière. L'autre monopolise la conversation. "Il me répétait qu'ils étaient agréés toutes assurances, que mon assurance prendrait tout en charge, que je n'avais aucun souci à me faire. Il insistait énormément." Vite, il lui présente un terminal de paiement. "J'étais épuisée par la chaleur, par le manque d'eau, par les journées passées au téléphone. Je n'ai plus eu le recul nécessaire. J'ai tapé mon code." Le montant débité : 1 599,90 euros.
Une facture truffée d'anomalies
Convaincue d'avoir affaire à une entreprise sérieuse, elle transmet la facture à son assurance pour ouvrir un dossier. Trois jours plus tard, elle consulte son application bancaire. Un détail la frappe. Le paiement a été encaissé par une société basée à Nîmes, sans lien avec l'entreprise contactée près de Montpellier. Elle examine la facture de plus près. L'adresse n'est pas la bonne. Le numéro de Siret ne correspond pas. Et même le montant diffère : la facture mentionne 1 559 euros, mais sa carte a été débitée de 1 599,90 euros.
Refus de la banque, plainte déposée
Elle alerte immédiatement sa banque. Refus. Motif : le code confidentiel a bien été saisi sur le TPE. Elle contacte ensuite le véritable artisan. Ce dernier confirme ne l'avoir jamais eue au téléphone. Ce genre d'escroquerie se multiplie, lui dit-il. Depuis, elle a déposé une plainte en gendarmerie. Elle s'interroge encore sur le mode opératoire. "Je n'ai aucune preuve, mais j'ai le sentiment que mon appel a été intercepté. Je ne vois pas comment cela aurait pu être le fruit du hasard."
Aujourd'hui, elle veut prévenir les autres. "Si quelqu'un se présente chez vous sans rendez-vous, prenez le temps de vérifier son identité, son entreprise, son Siret. Ne vous laissez jamais presser pour payer immédiatement. Quand on est fatigué ou en situation d'urgence, on baisse sa garde."


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