Publié le lundi 17 août 2026 dans la rubrique Montpellier
L’A9, plein phares : "J’ai tiré parce que je me voyais mort"… une tragédie policière au péage de Roquemaure, il y a 26 ans
Le 20 décembre 2000, à 15 h 30, un drame s'est joué au péage de sortie de l'A9 à Roquemaure, dans le Vaucluse. Cet événement tragique allait marquer le Service régional de police judiciaire de Montpellier (SRPJ) de manière indélébile. Ce jour-là, le capitaine Stéphan Beaumont, âgé de 42 ans, perdait la vie lors d'une opération policière.
Une course-poursuite meurtrière
La journée avait commencé avec la traque d'une voiture puissante, une Peugeot 605, conduite par Robert Fine, un repris de justice de 50 ans. Soupçonné d'avoir acheté une importante quantité de haschich à Béziers, Fine était un criminel aguerri. À vive allure, il évitait les péages, filant à 200 km/h sur l'autoroute. Alertés par leurs collègues, les policiers attendaient son arrivée au péage de Roquemaure.
Un contexte de violence
À cette époque, le Vaucluse connaissait une montée en puissance des règlements de compte dans le Milieu. Fine, réalisant qu'il était suivi, redoutait une interpellation. Il témoignera plus tard : "Pour moi, de ce fourgon allaient sortir des gens qui allaient me tirer dessus." Cette peur le poussa à démarrer en trombe lorsqu'il aperçut un policier armé à proximité. Il était déjà blessé par balle avant même de prendre la fuite.
Le drame survenu
Le commandant de la PJ d’Avignon, face à la 605, a agi par instinct de survie : "J’ai tiré parce que je me voyais mort." Lorsqu'il a été percuté par le véhicule, il a tiré ses dernières cartouches sur Fine. Malheureusement, le capitaine Beaumont, qui tentait de maîtriser la situation en se penchant dans l’habitacle de la voiture, a été touché mortellement à la tête. Il succomba à ses blessures peu après, transporté d'urgence à l'hôpital.
Une chasse à l'homme lancée
Dès l’annonce de la fusillade, une vaste opération de recherche a été mise en place pour retrouver les tireurs. Le ministre de l'Intérieur de l'époque, Daniel Vaillant, a dénoncé la "froide violence de malfaiteurs". Cependant, la vérité sur ce qui s'était réellement passé au péage de Roquemaure était bien plus complexe.
Une enquête controversée
Brigitte Beaumont, la veuve du capitaine, a rapidement compris que les circonstances de la mort de son mari étaient entourées de zones d'ombre. Elle a constaté avec effroi qu'aucune enquête interne n'avait été ouverte par l'IGPN concernant cet incident. Pour elle, la mort de son époux était le résultat d'une balle tirée par un policier, même si Robert Fine portait une part de responsabilité dans cette tragédie.
Le procès et ses conséquences
En janvier 2001, Fine et son complice sont arrêtés. Robert Fine a été accusé de "violences volontaires ayant entraîné la mort" de Beaumont et de "tentative de meurtre" sur le policier d’Avignon. Lors du procès, Brigitte Beaumont a décidé de retirer sa constitution de partie civile, affirmant que le véritable coupable n'était pas dans le box des accusés. En 2004, Fine a été acquitté pour la mort de Beaumont, mais reconnu coupable de tentative de meurtre sur le policier avignonnais.
Stéphan Beaumont restera à jamais gravé dans l'histoire du SRPJ de Montpellier. Sa mémoire est honorée dans la grande salle de réunion qui porte son nom. Quant à Robert Fine, après avoir purgé sa peine, il a retrouvé la liberté, laissant derrière lui un drame qui résonne encore dans les mémoires des forces de l'ordre.


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