Publié le lundi 26 octobre 2026 dans la rubrique Montpellier
Le Thau Kite Club défend ses spots contre des restrictions à Sète et Frontignan
Le Thau Kite Club (TKC) est actuellement engagé dans un combat juridique à Sète et Frontignan, dans l'Hérault, contre des arrêtés de la préfecture maritime de Méditerranée et de la mairie de Frontignan. Ces arrêtés, en vigueur depuis fin juin, encadrent strictement les activités nautiques sur l’étang d’Ingril, interdisant temporairement la pratique libre du kitesurf, du windfoil et de la planche à voile.
Un combat juridique en cours
Lors de l’assemblée générale du 23 octobre, Delphine Termignon, présidente du club, a fait le point sur la situation. Les recours en référé-suspension déposés le 8 juillet auprès des tribunaux administratifs de Toulon et de Montpellier ont été rejetés. Cependant, le club a encore deux recours au fond qui sont en cours, et il reste déterminé à poursuivre son combat. "Nous devons défendre nos spots, car ils sont tous menacés", a-t-elle souligné.
Une situation préoccupante pour les pratiquants
Le kitesurf et d'autres sports nautiques connaissent une réduction significative de leurs espaces de pratique sécurisés dans l'Hérault. Après la fermeture du spot de Maldormir en 2017, l’étang d’Ingril subit maintenant des restrictions, ce qui inquiète de nombreux passionnés. Bruno Gutierrez, président du Comité départemental de voile, a déclaré que l'interdiction d’Ingril semble "faite pour durer". Le Pont-Levis à Sète est déjà saturé, ce qui limite encore davantage les possibilités pour les riders.
Une enquête publique sur le Schéma de cohérence territoriale
Le TKC s'engage activement dans la révision du Schéma de cohérence territoriale (SCoT) du bassin de Thau, actuellement soumis à enquête publique jusqu’au 29 octobre. Ce schéma aborde des enjeux cruciaux comme la transition écologique, l’attractivité du territoire et le tourisme. Pourtant, le club déplore une absence de consultation et d’association des représentants de ces activités dans les discussions. Philippe, un membre du club, a critiqué le fait que les décisions sur l’accès aux plans d’eau soient souvent prises en faveur des pêcheurs, sans justification solide.
Des priorités contestées
Le TKC questionne donc la priorité accordée à la filière pêche, estimant que cela se fait au détriment d'autres usages, sans étude préalable pour justifier cette exclusion. Le club appelle à un traitement équitable de tous les usagers et souligne que les mesures restrictives doivent être examinées de manière proportionnelle. Le volet maritime du SCoT reprend des éléments de 2014 sans analyse de leurs résultats, ce qui pose question quant à la pertinence des choix actuels.
Contradictions et impacts écologiques
Dans le cadre du projet d’aménagement stratégique, le TKC a relevé des contradictions entre les documents. Tandis que l’un privilégie la pêche, l’autre accorde la priorité à une approche plus équilibrée. L’interdiction de certaines activités nautiques pousse les pratiquants vers des spots plus éloignés, ce qui va à l’encontre des objectifs de décarbonation du SCoT. Le club exprime de vives inquiétudes concernant l’avenir de la filière kite .
Engagement local et perspectives d’avenir
Pour l’année 2027, le TKC a défini sa priorité : défendre ses spots. Il continuera à contester les arrêtés en justice tout en s’efforçant de faire évoluer le SCoT. Le club a pris la décision de concentrer ses efforts sur la vie locale et environnementale à Sète, en délaissant pour l’instant Frontignan tant que l’étang d’Ingril reste fermé. La mobilisation des passionnés de sports de glisse est donc plus que jamais d’actualité dans cette lutte pour préserver leurs espaces de pratique.


Laisser un commentaire
Votre commentaire sera vérifié avant sa publication.