Publié le mardi 09 juin 2026 dans la rubrique Montpellier
Les AESH de Béziers manifestent pour un statut de fonctionnaire
Ce mardi 9 juin, de 10 heures à 11 heures 30, une quarantaine d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) se sont rassemblés devant le théâtre de Béziers, dans l’Hérault. L’ambiance était revendicative : cette action s’inscrivait dans une journée de mobilisation nationale.
Quatre organisations syndicales de l’Éducation nationale – FSU, Unsa, Snalc et Sud éducation – avaient appelé à ce rassemblement. Objectif : interpeller le ministère avant un groupe de travail prévu le lundi 17 juin sur l’avenir des AESH. Christophe Benoit, enseignant et représentant Snes‑FSU, a rappelé que les discussions avaient été obtenues de haute lutte. Mais les premières orientations données par le ministère suscitent une vive colère.
Une fonctionnarisation plafonnée à 20 % jugée inacceptable
Parmi les pistes évoquées, la création d’un statut de fonctionnaire pour seulement 10 à 20 % des AESH en poste. "Cette hypothèse ne correspond ni à la réalité des besoins, ni aux exigences d’une école réellement inclusive", a dénoncé Christophe Benoit. Les manifestants réclament un véritable corps de fonctionnaires de catégorie B pour l’ensemble des accompagnants. Ils sont 3 000 dans le seul département de l’Hérault.
Des contrats à temps partiel subis et des salaires sous le seuil de pauvreté
Clémence est AESH depuis onze ans dans une école du Montpelliérain. Elle a fait le déplacement pour soutenir le mouvement. Elle accompagne quatre élèves : deux en collectif, deux en individuel. Son contrat : 24 heures par semaine, un mi-temps imposé qu’elle n’a pas choisi. "Pour environ 1 100 euros par mois, on est sous le seuil de pauvreté", confie-t-elle.
Un temps complet serait de 39 heures, mais ce volume horaire n’est pas compatible avec les horaires des élèves, qui sont en classe 24 heures par semaine. Clémence s’estime chanceuse : elle vit en couple, son compagnon travaille et ils ont un enfant. "Un bon nombre de mes collègues vivent seules, certaines avec plusieurs enfants, sans pouvoir joindre les deux bouts", ajoute-t-elle.
Revalorisation des salaires et reconnaissance des compétences
Au-delà du statut, les AESH exigent une revalorisation salariale immédiate et la reconnaissance pleine de leurs qualifications. "Nous exigeons des contrats à temps complet", insiste Christophe Benoit. Le rassemblement de Béziers visait à peser sur les négociations à venir. La prochaine réunion du groupe de travail est fixée au lundi 17 juin.
Christophe Benoit conclut : "Une école pleinement inclusive donne de réels moyens d’accompagnement à ses élèves en situation de handicap."


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