Publié le vendredi 25 septembre 2026 dans la rubrique Montpellier
Licenciement controversé et irrégularités financières à l'association Centre Hérault
Une tempête secoue l'association Centre Hérault, située à Pézenas dans l'Hérault. Depuis le licenciement de sa directrice multisite, Grâce Ribeyrolles, les révélations sur la gestion financière de l'organisation suscitent de vives inquiétudes.
Des irrégularités financières mises au jour
Arrivée en décembre 2025, Grâce Ribeyrolles a rapidement cherché à évaluer la situation financière de l'association. Elle a constaté des difficultés d'accès à des documents cruciaux pour établir un bilan. Après des heures de travail acharné, elle a découvert une note de débit intrigante et un classeur rempli de factures suspectes. "L'argent filait partout", témoigne-t-elle avec indignation. Elle remet en question la sincérité des comptes de l'association, affirmant que certains membres de la direction facturent des activités qui ne semblent pas justifiées.
Des comptes bancaires en Ukraine
Les révélations de Ribeyrolles vont plus loin. Elle a découvert l'existence de comptes bancaires ouverts en Ukraine, soulevant des questions sur l'utilisation des fonds. Après avoir alerté le président de l'association sur ses doutes, elle ne s'est pas arrêtée là. Avec des anciens collaborateurs, elle a déposé des plaintes pour harcèlement, discrimination et intimidation, invoquant leur statut de lanceurs d'alerte.
Un licenciement controversé
Le 15 juin, Grâce Ribeyrolles a perdu son emploi après une mise à pied. Elle estime que son licenciement est une réaction à ses alertes concernant des problèmes graves au sein de l'association. "Il y a un million d'euros que l’on ne retrouve pas", déclare-t-elle, affirmant que chaque question posée a conduit à une restriction de ses responsabilités, jusqu'à son licenciement final le 3 juillet.
Réactions de la direction
Jean-Pierre Lauer, président de l'association, s'est défendu en déclarant qu'il subit des accusations de diffamation. Il conteste les allégations de détournement et souligne qu'il a reçu des témoignages d'employés affirmant avoir été harcelés par Ribeyrolles. Lauer insiste sur le fait qu'il n'a pas de pouvoir d'ingérence, tout en promettant de coopérer avec la gendarmerie dans le cadre de l'enquête en cours.
Une enquête en cours
Les services de l'Agence régionale de santé (ARS) et du conseil départemental ont été alertés, entraînant la mise sous tutelle de l'association pour clarifier la situation. Des enquêtes sont en cours, notamment par un inspecteur du travail, qui a relevé 15 accidents de travail récents, ainsi qu'une intoxication de personnel de la blanchisserie de l'association due à une fuite de gaz. Quatre signalements ont également été effectués par la médecine du travail concernant des problèmes de santé parmi les employés et les bénéficiaires.
Protection des lanceurs d'alerte
Me Stéphanie Jauvert, l'avocate de Grâce Ribeyrolles, rappelle que la loi protège les lanceurs d'alerte contre les mesures de représailles. Selon elle, le licenciement de Ribeyrolles est une réponse à ses alertes concernant des pratiques douteuses au sein de l'association. Elle souligne que la loi n'est pas respectée, malgré les nombreux dossiers en cours.
Cette situation complexe met en lumière des pratiques inquiétantes au sein de l'association Centre Hérault, un acteur majeur de l'accompagnement des personnes en situation de handicap dans la région. L'avenir de cette structure et la sécurité de ses bénéficiaires sont désormais en jeu.


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