Publié le dimanche 18 octobre 2026 dans la rubrique Montpellier
Mandats locaux en Occitanie : "Les femmes exclues de facto de là où est le pouvoir, un constat consternant"
En 2026, la situation des femmes dans les mandats locaux en Occitanie révèle un tableau préoccupant. Malgré l’adoption d’une loi sur la parité en 2025, les chiffres montrent que seulement 21,7 % des maires de la région sont des femmes, un chiffre légèrement inférieur à la moyenne nationale de 22,8 %.
Des disparités régionales marquées
Les disparités au sein de la région sont frappantes. La Haute-Garonne se distingue avec une augmentation de la proportion de femmes maires, passant de 20,48 % en 2020 à 26 % en 2026. À l’opposé, la Lozère affiche une régression, avec seulement 13,24 % de femmes à la tête des mairies, en baisse par rapport à 14,47 % en 2020.
L’Hérault : un exemple révélateur
En se concentrant sur l’Hérault, la situation ne s’améliore guère. Sur seize intercommunalités, seules deux sont dirigées par des femmes : l’agglo Hérault Méditerranée, sous la présidence de Gwendoline Chaudoir, et la communauté de communes Sud Hérault, dirigée par Marie-Pierre Pons.
Les adjoints : un constat alarmant
Le tableau s’assombrit davantage lorsqu’il s’agit des adjoint-e-s aux maires. En France, les femmes ne représentent que 38,76 % des premiers adjoints, tandis qu’en Occitanie, ce chiffre atteint 40,21 %. Étonnamment, cette situation perdure alors que 77,2 % des maires sont des hommes. La législation, qui ne prévoit pas de stricte alternance de genre pour le couple maire-premier adjoint, contribue à cette inégalité. En revanche, le poste de deuxième adjoint est largement occupé par des femmes, atteignant 60,59 % au niveau national et 59,49 % en Occitanie.
Une parité proclamée mais non appliquée
Cette situation de déséquilibre est d’autant plus incompréhensible que la parité est inscrite dans la loi constitutionnelle de 1999, qui garantit l’accès égal des femmes et des hommes aux mandats électoraux. La loi de 2025 impose des listes alternées, mais cette obligation semble rarement respectée à l’échelle municipale et intercommunale.
Les communautés de communes en difficulté
Les résultats sont encore plus décevants au sein des communautés de communes. Selon les données disponibles du ministère de l’Intérieur, seulement 13 % des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) en France sont présidés par des femmes, et ce chiffre tombe à 12 % en Occitanie. Ce constat souligne l’urgence d’agir pour améliorer la représentation féminine dans ces instances.
Un vide législatif à combler
Le manque de mesures législatives claires concernant l’égalité d’accès aux postes de présidents et vice-présidents contribue à cette situation. Les femmes se retrouvent ainsi exclues des cercles de pouvoir et d’influence. Geneviève Tapié, présidente de l’Observatoire de la Parité, appelle à réformer cette « zone de non-droit paritaire », affirmant que « la loi libère ». Il est impératif d’agir pour garantir une véritable parité dans les mandats locaux en Occitanie.


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