Publié le mercredi 23 septembre 2026 dans la rubrique Montpellier
"C’était un bébé d’amour" : neuf ans après la mort d’un nourrisson dans l’Hérault, son père fait face à la cour d’assises
Une tragédie familiale à Montpellier
Le procès d’Olivier, un ouvrier agricole de 42 ans, s’est ouvert à Montpellier, dans l’Hérault, neuf ans après la mort de son nourrisson, Livio. Ce dernier est décédé le 28 novembre 2017 au CHU de Montpellier, quelques heures après avoir été transporté en hélicoptère depuis le domicile familial. Selon son père, l’enfant était devenu "tout mou" dans ses bras, sans explication apparente.
Des blessures révélatrices
Les médecins ont confirmé que Livio, âgé de cinq mois à l’époque, présentait des signes cliniques évocateurs du syndrome du bébé secoué : hématome sous-dural aigu, lésions rachidiennes et hémorragies rétiniennes. Ces traumatismes ont causé des dommages cérébraux considérables, attribués à un "épisode de secouement violent", comme l’a rappelé la présidente du tribunal. Olivier est accusé de violences mortelles aggravées, un délit commis par un ascendant sur un mineur de quinze ans.
Une absence de parties civiles
Étonnamment, aucune partie civile ne représente Livio au procès. L’association France Victimes est présente, mais uniquement pour soutenir sa sœur aînée, restée mineure. La défense souligne que la mère de Livio et sa sœur ne souhaitent pas s’engager dans cette procédure. "Ce procès arrive dix ans après, cette famille veut rester soudée dans l’épreuve", explique l’avocate d’Olivier, Me Ava Magassa.
Olivier se défend
Libéré après deux semaines de détention immédiatement après les faits, Olivier rejette les allégations de maltraitance. Il affirme avoir toujours été un père aimant, même si des tensions ont existé dans le couple. Après la tragédie, ils ont eu un nouvel enfant ensemble. Le tribunal examine également le contexte familial d’Olivier, qui a grandi dans un milieu modeste, entouré de champs et de vignes.
Des témoignages troublants
Les témoignages des proches d’Olivier soulèvent des questions. La mère de son fils aîné, issu d’une première union, a évoqué un comportement violent. "Il a toujours eu la main leste", a-t-elle déclaré à une enquêtrice. En revanche, le père d’Olivier s’insurge contre ces accusations. "Jamais je n’ai vu mon fils frapper mes petits-enfants", assure-t-il, tout en critiquant l’ex-compagne d’Olivier. "Elle était un peu bizarre", raconte-t-il.
Des mesures d'assistance éducative
La mort de Livio a conduit à la mise en place d’une mesure d’assistance éducative. Un voisin a signalé des comportements inquiétants, comme Olivier tirant sa fille par les cheveux. Toutefois, Me Magassa rappelle qu'aucune maltraitance n’a été constatée durant les trois années de cette mesure. "Il était affecté", se souvient un enquêteur de la gendarmerie, qui a rencontré la famille après le décès. "Ils nous ont demandé dix minutes pour se recueillir." Olivier, lors de ses auditions, a nié tout geste brusque, laissant entendre que la douleur pouvait entraver son discours.
Un procès chargé d'émotion
La tante de Livio a exprimé son chagrin en décrivant le petit garçon comme un "bébé d’amour". "Vous êtes la première personne à montrer de l’émotion devant cette cour", a observé la présidente, soulignant la gravité de la situation. Elle a demandé : "Comprenez-vous qu’il y ait un procès ?" La tante, les larmes aux yeux, a répondu : "Oui, parce qu’il y a un bébé qui est mort et qu’il n’avait rien demandé."
Le verdict de cette affaire complexe sera rendu le vendredi 25 septembre, marquant un chapitre tragique de cette histoire familiale.


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